Crypto Digest du 09/11/2025 : Ethereum lance Privacy Cluster, nouvelle ère de confidentialité Web3
11/09/2025Crypto Digest du 09/11/2025 : Ethereum lance Privacy Cluster, nouvelle ère de confidentialité Web3
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Qu’il s’agisse de la révolution de la vie privée qui vient de voir le jour sous le signe du Privacy Cluster d’Ethereum, ou du débat brûlant sur l’euro numérique européen, les vagues d’innovation et de débats ne cessent d’affluer. Dans cet espace, nous avons un point d’attention sur le nouveau consensus de confidentialité qui remet en question le modèle de transparence habituel de Web 3, et un autre sur la soutien des banques italiennes à l’initiative de la BCE, tout en soulignant les inquiétudes des banques françaises et allemandes face aux risques de drain de dépôts.
Mais l’action ne s’arrête pas là : Bitcoin n’est pas en reste. Alex Thorn de Galaxy Digital prédit un regain de vigueur malgré un pessimisme de court terme, tandis que l’analyste Adam Livingston rappelle la puissance des modèles de loi de puissance, signalant une possible ascension vers la barre psychologique de 150 000 USD. Entre les fluctuations de prix, les attentes de régulation et les nouveaux standards de sécurité, le marché se trouve à la croisée des chemins.
Vous êtes prêts à explorer ces tendances, à décortiquer les enjeux de la confidentialité, à comparer les visions des analystes et à comprendre ce que cela signifie pour votre portefeuille ? Suivez le fil ; l’avenir de la crypto n’attend pas.

Les régulateurs doivent rattraper le nouveau paradigme de la vie privée
L’article de l’assistante professeur Agata Ferreira souligne l’émergence d’un nouveau consensus dans l’écosystème Web 3 autour de la protection de la vie privée, qu’elle considère comme la pierre angulaire de la liberté numérique. Selon l’auteur, la Fondation Ethereum a lancé le « Privacy Cluster », une initiative transversale visant à intégrer la lecture et l’écriture privées, les identités confidentielles et les preuves à connaissance nulle dans l’infrastructure de la blockchain. Cette démarche marque un tournant philosophique qui remet en question les concepts traditionnels de confiance, de consensus et de vérité dans le monde numérique, en affirmant que la confidentialité doit être intégrée dès la conception des systèmes.
Ferreira explique que la gouvernance numérique a longtemps reposé sur un modèle de « observation partagée » : la transparence est perçue comme le garant de l’intégrité, les autorités, les auditeurs ou le public pouvant voir et vérifier les opérations. Dans les systèmes cryptographiques, un paradigme plus avancé appelé « vérification partagée » se déploie. Les preuves à connaissance nulle permettent de confirmer le respect d’une règle sans divulguer les données sous-jacentes, ce qui élimine le dilemme entre confidentialité et responsabilité. L’auteur soutient que les régulateurs doivent adopter cette logique pour ne pas rester bloqués dans une vision où la visibilité équivaut à la sécurité.
Le texte décrit ensuite la maturation de la notion de « vie privée comme infrastructure ». Sans confidentialité, la transparence de Web 3 devient une faiblesse, menant à une surveillance accrue. Des architectures émergentes, notamment chez Ethereum, intègrent déjà la confidentialité dans la couche des contrats intelligents et la computation sécurisée. D’autres projets vont plus loin en anonymisant les validateurs, en introduisant des mécanismes de preuve de participation privés et en favorisant des solutions de persistance de données auto‑guérissantes. L’auteur voit ces développements comme une réécriture de la pile numérique, où liberté, vérifiabilité et décentralisation se renforcent mutuellement.
Cependant, la législation actuelle, encore fondée sur le modèle d’observation partagée, pénalise les technologies de confidentialité et considère l’encryption comme un obstacle à la surveillance. Ferreira qualifie cette approche d’obsolète et dangereuse, car elle ignore le risque systémique posé par l’absence de protection de la vie privée dans un environnement où les données sont massivement collectées, vendues et exploitées. Elle plaide pour que les législateurs voient la confidentialité comme un allié, un outil de protection des droits fondamentaux et de renforcement de la confiance dans les environnements numériques.
Enfin, l’auteur appelle à une évolution du cadre réglementaire vers une posture de « gouvernance et soutien » plutôt que de simple contrôle. Les lois devraient protéger les systèmes open‑source à confidentialité accrue comme biens publics essentiels, différencier les actes malveillants des architectures permissives, et reconnaître le droit à la communication, à l’association et à l’échange économique privés comme droits fondamentaux. En adoptant la confidentialité par conception, la réglementation serait en mesure d’intégrer les droits fondamentaux directement dans les protocoles techniques, conférant ainsi à la démocratie une résilience accrue. L’article conclut en soulignant que l’industrie de la blockchain redéfinit consensus, vérité, visibilité et surveillance, et que les régulateurs doivent choisir entre limiter ces innovations ou les soutenir comme fondement d’une liberté numérique robuste.

Les banques italiennes soutiennent le euro numérique mais demandent à la BCE de répartir les coûts
Les banques italiennes ont exprimé leur soutien à l’initiative de la Banque centrale européenne (BCE) concernant le euro numérique, mais ont simultanément appelé à répartir les coûts d’implémentation sur plusieurs années, citant la charge financière importante qu’elle impose au secteur bancaire. Marco Elio Rottigni, directeur général de l’Association bancaire italienne (ABI), a souligné lors d’un séminaire de presse à Florence que le projet « incarne un concept de souveraineté numérique », tout en précisant que les dépenses de ce type, relatives aux investissements en capital, « sont très élevées » et « devraient être étalées dans le temps ».
Cette prise de position intervient alors que le projet de monnaie numérique de banque centrale (CBDC) rencontre une certaine opposition de la part de banques françaises et allemandes. Ces institutions craignent que l’introduction d’un portefeuille de détail garanti par la BCE ne drainé les dépôts des prêteurs commerciaux, augmentant ainsi les risques pour le système bancaire.
Au 29 et 30 octobre, le Conseil d’administration de la BCE a approuvé le passage du projet à la phase suivante après deux ans de préparation. Un pilote devrait débuter en 2027, tandis qu’un déploiement complet est prévu pour 2029, sous réserve de l’adoption d’une législation européenne en 2026. Dans ce cadre, le député européen Fernando Navarrete, chargé de l’examen de la proposition, a présenté un rapport préliminaire appelant à une version allégée de l’euro numérique afin de protéger les systèmes de paiement privés, notamment Wero, une initiative conjointe de quatorze banques européennes.
Rottigni a appelé l’Europe à adopter une « approche double », combinant l’euro numérique de la BCE avec des monnaies numériques soutenues par les banques commerciales, avertissant que « l’Europe ne doit pas prendre du retard ».
Dans le même temps, la BCE a conclu des accords‑cadres avec sept fournisseurs de technologie pour soutenir le développement de l’euro numérique. Les accords couvrent la gestion de la fraude et des risques, l’échange sécurisé de données de paiement, ainsi que le développement de logiciels. Parmi les partenaires, on compte Feedzai, spécialiste de la détection de fraudes, et Giesecke+Devrient, entreprise de sécurité.
Selon la BCE, les sociétés sélectionnées développeront également des fonctionnalités telles que la recherche d’alias, permettant aux utilisateurs d’envoyer ou de recevoir des paiements sans connaître le prestataire de services de paiement du destinataire, ainsi que la possibilité de réaliser des paiements hors‑ligne. Ces avancées visent à renforcer la sécurité et la convivialité du futur euro numérique.

Bitcoin est tombé de la transaction la plus chaude de 2025 mais l’attention reviendra
Reformulation :
Selon Alex Thorn, directeur de la recherche chez Galaxy Digital, l’optimisme qui entourait Bitcoin au début de l’année est désormais plus faible, mais il prédit que la crypto‑monnaie regagnera rapidement cette vigueur. Dans une interview avec CNBC, Thorn a rappelé que Bitcoin était le “commerce le plus chaud de l’année” juste après la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, mais qu’il ne garderait pas cette attractivité tout au long de l’année.
Les investisseurs ont réorienté leurs capitaux vers d’autres secteurs, notamment l’intelligence artificielle, l’énergie nucléaire, la technologie quantique et l’or. Thorn a souligné que ces domaines offraient des opportunités de gains qui ont freiné la réallocation vers Bitcoin. Il a toutefois noté qu’une phase plus mature du marché permet de redistribuer l’appartenance de Bitcoin de façon saine entre anciens et nouveaux investisseurs.
Malgré son avis positif à long terme, Thorn a abaissé la cible de prix pour la fin de l’année de Galaxy Digital, passant de 185 000 $ à 120 000 $. Cette valeur représente une hausse d’environ 17 % par rapport au prix actuel d’environ 102 080 $ sur CoinMarketCap. Le changement s’inscrit dans un contexte où des secteurs concurrentiels, notamment l’or, se retrouvent de plus en plus comparés à Bitcoin. Des analystes de JPMorgan ont récemment évoqué la volatilité accrue de l’or durant son rallye record d’octobre, déclarant que cette volatilité rendait l’or plus risqué et rendait Bitcoin plus attrayant, en se basant sur le ratio de volatilité Bitcoin‑or qui est tombé à 1,8.
Par ailleurs, l’évolution de l’intelligence artificielle a été mise en exergue : le 10 octobre, Bitcoin et Nvidia (NVDA) ont montré une corrélation plus forte qu’auparavant, ce qui alarme certains observateurs de marché qui craignent un effondrement rappelant la bulle internet des années 1990. Enfin, le débat persiste sur la menace éventuelle de l’informatique quantique pour la sécurité de Bitcoin. Alors que Amit Mehra de Borderless Capital estime que cette menace reste encore à plusieurs années, Charles Edwards, fondateur de Capriole, considère la situation comme urgente et appelle à la mise en œuvre de solutions avant qu’il ne soit trop tard.

La loi de puissance Bitcoin suggère une tige enroulée prête à exploser plus haut – Analyste
L’analyseur Adam Livingston a publié un rapport soulignant l’importance de la « loi de puissance » du Bitcoin (BTC). Selon ce modèle, le BTC devrait atteindre une valeur « équitable » d’environ 142 000 USD, et son prix supérieur, calculé pour la fin de 2025, pourrait atteindre 512 000 USD, tandis que le bas du spectre se situerait juste au-dessus de 50 000 USD. Livingston a noté que le prix a suivi de près la ligne de valeur équitable depuis mars 2024, un phénomène qu’il juge inhabituel et indicateur d’une possible hausse spectaculaire. Il rappelle que chaque fois que BTC a suivi ce schéma, la cryptomonnaie a soit explosé vers le haut, soit a subi un bref creux avant de franchir la bande inférieure et d’augmenter plus rapidement qu’auparavant.
Cette perspective haussière intervient alors que plusieurs analystes et sociétés d’investissement ont révisé à la baisse leurs prévisions de prix. En octobre, une chute historique a propulsé le BTC en dessous de la barre des 100 000 USD, un niveau psychologique clé. Galaxy a réduit son estimation de fin d’année 2025 de 180 000 USD à 120 000 USD, invoquant la baisse de la volatilité, la maturation du marché et la rotation des investisseurs vers des narratives concurrentes comme l’intelligence artificielle. Le directeur de la recherche de Galaxy, Alex Thorn, a toutefois souligné que si le BTC peut maintenir 100 000 USD, la dynamique de l’« essorlement de trois ans » resterait structurellement intacte, bien que le rythme des gains futurs puisse ralentir.
Cathie Wood, fondatrice d’Ark Invest, a aussi abaissé ses prévisions à long terme, le réduisant de 300 000 USD. Elle attribue cette décision à la part de marché croissante des stablecoins, qui comblent la demande d’actif de valeur dans les économies émergentes, affaiblissant ainsi la position dominante du Bitcoin. Bien que ces prévisions révisées reflètent une prudence accrue, elles restent axées sur une perspective à long terme, reconnaissant la valeur fondamentale que ces acteurs voient dans le BTC.
En parallèle, d’autres acteurs du secteur, notamment les baleines de Bitcoin, ont été accusés de « cashing out », menaçant de faire chuter le prix à 90 000 USD, un niveau qui pourrait déclencher de nouvelles inquiétudes quant à l’arrivée d’un prochain marché baissier. Cette dynamique de retrait massif renforce la perception d’une volatilité accrue et d’un potentiel de correction brutale, bien que le modèle de Livingston reste un indicateur de potentiel haussier si la cryptomonnaie réussit à résister aux fluctuations immédiates.
Enfin, les développements actuels montrent un marché en transition. Alors que certains analystes restent prudents, d’autres, comme Livingston, mettent en avant des indicateurs techniques suggérant une possible montée du BTC. Le consensus général reste fragmenté, reflétant la complexité et l’incertitude inhérentes aux marchés des cryptomonnaies.
Conclusion
En bref
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Confidentialité avant tout – Prof. Agata Ferreira met en avant l’émergence d’un “Privacy Cluster” chez Ethereum et l’avènement d’un consensus basé sur la preuve à connaissance nulle. Le modèle « observation partagée » est remis en cause : la confidentialité devient un vecteur de confiance et de décentralisation, exigeant une révision des cadres juridiques qui traitent encore l’encryption comme une barrière.
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Euro numérique en marche – Les banques italiennes soutiennent la BCE tout en revendiquant une décentralisation des coûts. Le projet passe de la phase pilote (2027) au déploiement complet (2029), mais rencontre l’inquiétude des banques françaises et allemandes quant aux impacts sur leurs dépôts. La BCE a déjà sélectionné des partenaires technologiques pour sécuriser le système et introduire des fonctions de paiement hors‑ligne et d’alias.
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Bitcoin en mutation – Alex Thorn anticipe un redémarrage de l’intérêt pour le BTC après un désintérêt temporaire envers l’IA, l’énergie nucléaire et la technologie quantique. Les prévisions de prix sont ajustées à la baisse (120 k $ fin 2025), mais l’analyse de la « loi de puissance » d’Adam Livingston laisse entrevoir un potentiel haussier si la dynamique se consolide. Les mouvements de grosses baleines et la montée des stablecoins ajoutent un brin de volatilité à ce tableau déjà complexe.
Perspective
Alors que la blockchain repense les fondements de la confiance et que les régulateurs et les institutions financières s’ajustent aux nouvelles réalités de la confidentialité et de la monnaie numérique, la cryptosphère se trouve à la croisée des chemins : stabilité, innovation et protection des droits fondamentaux devront être équilibrés pour assurer une croissance durable.


