Bitcoin : Une femme soupçonnée d’avoir volé 172 millions de dollars en BTC à son mari
03/17/2026Mon amour, mon Trezor. Le système judiciaire britannique examine actuellement une affaire de détournement d’actifs numériques d’une ampleur exceptionnelle. Ping Fai Yuen, résident au Royaume-Uni, accuse son épouse dont il est séparé, Fun Yung Li, de lui avoir dérobé 2 323 BTC en août 2023. À l’époque des faits, ces actifs étaient conservés sur un portefeuille matériel Trezor. Selon les documents déposés devant la Haute Cour de justice, la valeur de ce butin oscille aujourd’hui entre 160 et 180 millions de livres sterling. Cette affaire met en lumière les vulnérabilités physiques liées à la détention de Bitcoin, où l’accès aux codes de récupération supplante la sécurité technologique des dispositifs de stockage à froid.
- Le système judiciaire britannique a examiné une affaire de détournement d’actifs numériques impliquant un vol présumé de 2 323 Bitcoins, d’une valeur entre 160 et 180 millions de livres sterling, par l’épouse d’un résident britannique.
- Le cas a mis en évidence les vulnérabilités physiques des cryptomonnaies, l’épouse ayant utilisé la vidéosurveillance pour capturer la phrase de récupération du portefeuille.
Un mode opératoire basé sur la surveillance domestique et l’enregistrement occulte
Selon les documents publics, le vol présumé repose sur une méthode d’espionnage interne plutôt que sur une faille informatique. L’accusation soutient que Fun Yung Li a utilisé un système de vidéosurveillance (CCTV) installé dans la résidence familiale pour observer son mari à son insu. Cette surveillance aurait ainsi permis de capturer la saisie de la phrase de récupération (seed phrase), une suite de 24 mots permettant de recréer le portefeuille sur n’importe quel autre appareil. Une fois ces mots obtenus, les fonds ont été transférés le 2 août 2023 vers de nouvelles adresses, avant d’être dispersés sur 71 portefeuilles différents pour en rendre le suivi plus complexe.
Averti par sa fille des intentions de son épouse, le plaignant avait installé du matériel d’enregistrement audio pour obtenir des preuves. Ces enregistrements, jugés accablants par la cour, contiendraient des dialogues où l’épouse discute du transfert des bitcoins et de la difficulté d’expliquer l’origine d’une telle fortune aux banques. Malgré une enquête policière initiale ayant mené à la saisie de dix portefeuilles froids au domicile de l’épouse, aucune charge criminelle n’a été retenue pour l’instant, faute de preuves supplémentaires. Cette situation a conduit Ping Fai Yuen à engager une procédure civile pour geler les actifs et obtenir une déclaration de propriété.

Enjeux juridiques et reconnaissance du Bitcoin comme propriété
Mais l’affaire soulève des questions fondamentales sur la qualification juridique du Bitcoin au Royaume-Uni. Le juge Cotter, en charge du dossier, a exprimé une probabilité très élevée de succès pour le plaignant, s’appuyant sur le principe du rasoir d’Ockham pour désigner l’explication la plus simple des faits. La défense a tenté de faire rejeter les accusations « d’appropriation illicite » et de « violation de biens », arguant que ces concepts juridiques s’appliquent historiquement à des objets physiques et non à des actifs intangibles comme le Bitcoin.
Toutefois, le cadre légal évolue rapidement avec le Property (Digital Assets etc.) Act 2025, qui reconnaît désormais une troisième catégorie de propriété pour les actifs numériques. Le juge a souligné que la volatilité du marché des cryptomonnaies rendait nécessaire la tenue d’un procès rapide pour préserver la valeur des actifs en litige. Par ailleurs, cette affaire coïncide avec une coopération internationale accrue, notamment l’opération Atlantic entre les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, visant à intensifier la lutte contre les fraudes complexes liées aux actifs numériques, bien que le cas présent relève d’un litige privé et domestique.
Ce litige illustre le passage des menaces cybernétiques vers des risques de proximité au sein même du cercle familial ! La capacité des tribunaux britanniques à appliquer des concepts de droit civil classiques à des actifs numériques représentera un précédent majeur pour l’industrie. La décision finale devra non seulement trancher sur la restitution des fonds, mais aussi confirmer l’adaptation du droit de la propriété aux réalités technologiques de 2026. On ne peut décidément plus faire confiance à personne…
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