Fiscalité crypto en France : Les wallets échappent à la déclaration, gros soulagement dans le secteur
04/30/2026Un ouf de soulagement. Le cadre législatif français concernant la détention d’actifs numériques vient de connaître une clarification majeure. Lors de la réunion de la commission mixte paritaire (CMP) le 28 avril dernier, les parlementaires ont décidé d’écarter l’article 3 quater du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes fiscales et sociales. Cette disposition, introduite initialement par un amendement à l’Assemblée nationale, visait à imposer une déclaration annuelle pour les portefeuilles crypto dits auto-hébergés dès lors que leur valeur dépassait 5 000 euros. Le retrait de cette mesure marque la fin d’un débat tendu entre les régulateurs et les représentants du secteur technologique, dont l’ADAN qui a fait un sacré travail.
- Les parlementaires ont supprimé une obligation déclarative annuelle pour les portefeuilles auto-hébergés d’actifs numériques, provoquant un ouf de soulagement dans le secteur.
- Le texte de loi maintient un cadre renforcé de lutte contre la fraude fiscale, tout en évitant des contraintes jugées disproportionnées pour les détenteurs de portefeuilles privés.
Un compromis parlementaire après une forte mobilisation du secteur crypto
L’article 3 quater prévoyait une notification systématique à l’administration fiscale de la valeur vénale des actifs détenus sans intermédiaire, comme sur des supports de stockage physique ou des applications décentralisées. Si l’objectif officiel consistait à accroître la visibilité du fisc sur des flux échappant au reporting automatique des plateformes, le texte a rencontré une opposition notable.
L’Association pour le développement des actifs numériques (Adan) a notamment mené des échanges prolongés avec les cabinets ministériels et les parlementaires pour souligner le caractère inopérant et risqué d’une telle obligation. Les critiques portaient notamment sur les difficultés techniques de mise en œuvre et sur les risques de sécurité liés au fichage des détenteurs de portefeuilles crypto privés.
Le compromis trouvé en commission mixte paritaire confirme que cette obligation ne figure plus dans le texte définitif qui sera soumis au vote final de l’Assemblée nationale et du Sénat début mai. Les rapporteurs ont privilégié une approche plus ciblée de la fraude, écartant une mesure jugée disproportionnée par rapport aux outils de contrôle déjà existants.
Cette décision reflète une écoute des spécificités techniques de la conservation autonome, souvent comparée par ses détracteurs à un coffre-fort numérique dont le contenu aurait dû être inventorié annuellement auprès du Trésor public. Bien que l’obligation déclarative spécifique aux portefeuilles personnels disparaisse, le durcissement global de la lutte contre la fraude fiscale demeure une réalité.

Le maintien d’un arsenal de contrôle malgré la suppression de l’article
Le texte de loi conservé par la CMP renforce les capacités de détection des revenus illicites et les sanctions associées. Par ailleurs, les détenteurs d’actifs numériques restent soumis à des réglementations strictes déjà en vigueur. La déclaration des comptes ouverts sur des plateformes d’échange demeure obligatoire, et l’administration fiscale dispose de prérogatives croissantes pour identifier les flux financiers suspects.
L’entrée en vigueur progressive de la directive européenne DAC 8 à partir de 2026 viendra compléter ce dispositif en automatisant l’échange d’informations entre les États membres sur les transactions en actifs numériques. Ce cadre international assure une transparence accrue sans nécessiter de mesures déclaratives nationales redondantes pour la conservation directe.
Mais en choisissant de supprimer l’article 3 quater, le législateur évite d’alourdir la conformité pour les contribuables tout en s’appuyant sur des mécanismes de coopération plus globaux. Le secteur crypto peut souffler et remercier les équipes de l’ADAN qui ont œuvré pour convaincre le législateur des dangers d’un tel dispositif.
L’issue des négociations en commission mixte paritaire stabilise la situation réglementaire des usagers pratiquant l’auto-conservation de leurs actifs. Le retrait de cette mesure controversée témoigne d’une volonté de ne pas entraver le développement technique du secteur par des obligations administratives jugées complexes. Toutefois, cette décision ne signifie pas un relâchement de la surveillance, mais plutôt une rationalisation des outils de contrôle au profit de dispositifs européens et de procédures ciblées. Les votes définitifs attendus dans les deux chambres début mai devraient entériner cette orientation, confirmant l’absence de nouvelle déclaration annuelle pour les portefeuilles personnels en 2026.
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