Le cycle de 4 ans du Bitcoin est mort, selon le PDG de Bitwise
05/09/2026Wall Street a tué les cycles ? L’analyse des cycles de marché subit une révision profonde sous l’impulsion de l’entrée massive des capitaux institutionnels. Lors de la conférence Consensus 2026 à Miami, Hunter Horsley, PDG de Bitwise, a affirmé que le traditionnel schéma de quatre ans, basé sur une alternance de trois années de hausse et une année de baisse, est désormais caduc. Cette rupture avec les modèles historiques s’explique par une modification structurelle des participants au marché, où les grandes institutions bancaires comme Morgan Stanley ou BlackRock occupent désormais une place prépondérante. Cette mutation marque la fin d’une ère de formation pour laisser place à une phase de maturité où les schémas prévisibles du passé ne permettent plus d’anticiper les dynamiques futures.
- Wall Street a provoqué une rupture historique dans les cycles de marché de quatre ans sur Bitcoin avec l’entrée massive des capitaux institutionnels.
- Les nouvelles structures financières transforment le bitcoin en un support pour le marché du revenu fixe, bouleversant ainsi les stratégies traditionnelles.
Une institutionnalisation du Bitcoin portée par les nouveaux instruments financiers
L’innovation financière se déplace désormais vers la création d’instruments de dette sophistiqués, à l’image du produit Stretch développé par la firme Strategy. Ce titre préférentiel utilise le bitcoin comme collatéral pour offrir des rendements supérieurs à 10 %, tout en maintenant une valeur nette d’inventaire stable. Hunter Horsley prévoit une prolifération rapide de ce type de structure au sein de l’industrie au cours des douze prochains mois.
En transformant l’actif numérique en un support pour le marché du revenu fixe, ces instruments permettent aux investisseurs institutionnels de souscrire à des rendements prévisibles tout en s’appuyant sur une garantie technologique. Cette ingénierie financière répond à un besoin fondamental des marchés de capitaux et intègre l’actif dans des stratégies de gestion de portefeuille jusqu’ici réservées aux produits classiques.
Par ailleurs, l’arrivée de gestionnaires d’actifs d’envergure mondiale, tels que BlackRock, a agi comme un catalyseur pour l’ensemble du secteur. Plutôt que de représenter une menace concurrentielle pour les firmes spécialisées, l’entrée de ces géants a validé la classe d’actifs auprès des allocateurs qui hésitaient auparavant à s’engager.
L’utilisation du bitcoin comme collatéral pour des produits de rendement – ce que l’on appelle le crédit numérique – impose toutefois des ajustements opérationnels aux entreprises émettrices. Le paiement des dividendes liés à ces nouveaux titres pourrait contraindre certaines structures à liquider une fraction de leur trésorerie, marquant une évolution notable (coucou M. Saylor) par rapport aux politiques de conservation intégrale appliquées par le passé.

Mutation des stratégies de trésorerie et retour du narratif des paiements
Malgré ces ajustements comptables, la fonction du Bitcoin évolue. Après une décennie consacrée à établir sa légitimité en tant que réserve de valeur, la large base de détenteurs actuelle crée les conditions nécessaires pour un retour aux usages transactionnels. La maturité technologique et la stabilisation du consensus autour de sa valeur intrinsèque permettent d’envisager un déploiement technique axé sur les paiements de manière plus concrète.
Bitwise, qui gère désormais 15 milliards de dollars d’actifs, illustre cette montée en puissance avec une croissance marquée depuis 2021. La compétition se joue désormais entre des firmes spécialisées et des gestionnaires généralistes, ces derniers apportant la validation nécessaire pour attirer les capitaux qui restaient en marge.
Cette dynamique de spécialisation permet de proposer des solutions adaptées aux besoins spécifiques du marché du revenu fixe, un segment qui n’aurait pu s’ouvrir sans les structures d’ingénierie financière récentes. En s’insérant dans les marchés de taux, l’actif numérique ne se limite plus à une simple détention spéculative, mais devient une composante active de l’infrastructure financière globale, capable de générer des flux de revenus réguliers pour les investisseurs.
L’effacement du cycle de quatre ans serait donc un effet collatéral de l’intégration définitive des actifs numériques dans les mécanismes financiers mondiaux. La pérennité de ce nouveau modèle reposera cependant sur la capacité des émetteurs à maintenir la stabilité de leurs produits dérivés face aux fluctuations du marché. Quant aux cycles de quatre ans, le temps nous confirmera très bientôt si c’est de l’histoire ancienne (ou pas).
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