La BRI et 50 banques testent une blockchain pour leur projet Agorá de paiements transfrontaliers

La BRI et 50 banques testent une blockchain pour leur projet Agorá de paiements transfrontaliers

05/28/2026 0 Par cryptolounge

Du copier-coller, mais privatisé. La Banque des règlements internationaux (BRI, ou BIS pour l’acronyme anglais) adore critiquer le secteur de Bitcoin (BTC), et les stablecoins en particuliers. Mais c’est surtout parce que ces derniers sont devenus de dangereux concurrents. Pour remédier à cela, et moderniser le système financier traditionnel de plus en plus vieillissant, la « banque des banques » a donc exploité les technologies blockchains, à la base des cryptos et des stablecoins, mais à sa propre sauce permissionnée et centralisée. Via le « Project Agorá » , la BRI et ses nombreux partenaires bancaires sont passés à une phase de tests avec des transactions à valeur réelle, visant à rendre ces paiements plus rapides, moins coûteux et plus transparents grâce à l’innovation des blockchains (exactement comme le font déjà les stablecoins).

Les points clés de cet article :
  • La Banque des règlements internationaux mène le « Project Agorá » pour moderniser les paiements internationaux avec une blockchain privée et permissionnée.
  • Ce projet, qui réunit une cinquantaine d’institutions financières, sonne comme une réponse à la concurrence grandissantes des stablecoins, tout en s’en inspirant fortement de leurs innovations.

Project Agorá : une réponse aux défis des paiements internationaux (et à la concurrence des stablecoins)

Les paiements transfrontaliers traditionnels souffrent de lenteur, de coûts élevés et d’une certaine opacité, dus aux lourds processus et aux intermédiaires multiples du système de correspondants bancaires.

Le « Project Agorá » mené par la Banque des règlements internationaux propose une infrastructure partagée et programmable grâce à une blockchain, qui combinant des dépôts bancaires tokenisés et des réserves des banques centrales tokenisées. Car oui, la BRI exploite également le principe de tokenisation, qu’elle critique pourtant ouvertement quand il s’agit de blockchains publiques (comme Ethereum ou Solana) et non de blockchains privées et permissionnées (comme la sienne).

La blockchain mise au point pour le projet Agorá permet des transferts qui se finalisent en quelques secondes, réduisant les risques et les frictions opérationnelles. Le prototype des banquiers intègre des smart contracts (piqués à popularisés par Ethereum) notamment les vérifications et les paiements conditionnels, tout en préservant le contrôle des banques centrales sur leurs réserves.

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Partenariat public-privé à grande échelle entre la BRI et une cinquantaine d’institutions

Lancé il y a deux ans, le projet de la BRI réunit également huit banques centrales (représentant les principales devises de réserve, dont la Fed de New York, la Banque de France pour l’Eurosystème, la Banque d’Angleterre, etc.) et plus de 40 institutions financières privées, dont JPMorgan, HSBC ou UBS. Le tout coordonné par l’Institute of International Finance (IIF). Et la Banque du Canada a aussi rejoint récemment l’initiative.

Des tests réels avec de l’argent véritable sont prévus prochainement. Ce développement intervient alors que la Banque des règlements internationaux critique donc ouvertement les stablecoins, qu’elle considère davantage comme des titres financiers (securities) plutôt que comme de véritables monnaies. Pourtant, des acteurs comme Tether et son stablecoin USDT, ou Circle et son USDC, se sont taillés une très bonne réputation pour les paiements transfrontaliers, par leur rapidité, leur faibles coûts de transactions, et leur accessibilité 24h/24 et 7j/7.

Le Project Agorá illustre la volonté des institutions traditionnelles d’innover (de copier ?) en utilisant les technologies blockchains et la tokenisation, tout en maintenant le contrôle sur leur monnaie fiduciaire respective. S’il aboutit, il pourrait transformer les paiements de gros internationaux et répondre à la concurrence grandissante des solutions décentralisées comme les stablecoins. Reste à voir si cette infrastructure publique-privée saura s’imposer face à l’agilité et aux innovations (réelles pour le coup) du secteur crypto.

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