Guerre en Iran : Les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis au plus bas depuis 1983
06/11/2026Un pétrole qui se fait rare. Huit mois après le début de la guerre en Iran, les États-Unis ont puisé sans relâche dans leurs réserves stratégiques de pétrole. Au point de les ramener à leur plus bas niveau depuis 1983. Une mécanique inquiétante, qui menace de faire dérailler le prix du baril et, dans son sillage, l’économie mondiale.
- Les États-Unis ont puisé intensivement dans leurs réserves stratégiques de pétrole, atteignant leur plus bas niveau depuis 1983.
- La fermeture du détroit d’Ormuz aggrave la situation en réduisant l’offre mondiale, ce qui pourrait provoquer une flambée catastrophique des prix du pétrole.
La réserve stratégique de pétrole des États-Unis au plus bas
La réserve stratégique de pétrole des États-Unis, désignée par le sigle SPR (Strategic Petroleum Reserve), fonctionne comme une tirelire géante d’or noir que le pays n’ouvre qu’en cas d’urgence. Créée il y a près de 50 ans durant le premier choc pétrolier de 1973, elle visait précisément ce genre de scénario : embargos, guerres, ruptures brutales d’approvisionnement.
Aujourd’hui, cette tirelire est presque vide. Les derniers chiffres placent le SPR à son plus bas depuis 1983, et l’origine de cette ponction tient en un mot : l’Iran. Le conflit a contraint l’administration Trump à ouvrir les vannes pour soutenir les exportations et tenir les prix à la pompe.
Depuis le début des hostilités, 66 millions de barils ont déjà quitté la réserve. La saignée n’est pas terminée : Washington a autorisé la libération de 172 millions de barils au total. Le vertige saisit quand on rapporte ce chiffre au stock disponible, soit 357,1 millions de barils au 29 mai dernier.

Une situation qui pourrait faire flamber les prix
Le tableau s’assombrit encore avec le détroit d’Ormuz, passage clé du transport pétrolier au Moyen-Orient, toujours fermé à cause du conflit. L’offre mondiale se contracte donc, alors que la demande, elle, ne plie pas d’un pouce.
« C’est un chiffre monumental. Plus cette situation perdure, moins l’administration a de leviers pour y faire face, et plus le risque d’une flambée des prix est grand. »
Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy – source : Fortune
Les États-Unis ne sont pas seuls à brûler leurs cartouches. La Chine, qui détient les plus importantes réserves stratégiques au monde, observe la situation avec attention. Si elle n’a pas encore massivement puisé dans ses stocks, elle a déjà ajusté ses flux d’importations et renforcé sa diversification pour faire face à la contraction de l’offre.
Cinquante ans après le premier choc pétrolier de 1973, qui avait précisément justifié la création de la réserve stratégique, les États-Unis se retrouvent à nouveau confrontés à une situation de tension sur les approvisionnements. Dans ce type de crise énergétique majeure, l’histoire montre que les investisseurs se tournent traditionnellement vers les actifs perçus comme des réserves de valeur, qu’il s’agisse de l’or ou, dans le contexte actuel et ce malgré un cours plutôt bas en ces temps difficiles, vers bitcoin.
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