Blanchiment de cryptomonnaies : 23 personnes arrêtées en Corée du Sud pour un trafic à 11 millions de dollars
06/17/2026Crypto-banditisme. La police sud-coréenne vient de démanteler un réseau de blanchiment de cryptomonnaies aux ramifications cambodgiennes. Les fonds, issus d’une organisation criminelle, transitaient par des plateformes d’échange avant de disparaître dans les méandres de comptes fantômes.
Points clés
- 23 personnes arrêtées à Séoul pour le blanchiment de 11,1 millions de dollars en cryptomonnaies
- Les fonds provenaient d’une organisation de phishing basée au Cambodge et transitaient via 11 300 comptes
- La police a saisi 430 000 dollars, mais le chef du réseau reste en fuite sous notice rouge Interpol
Une affaire de blanchiment entre le Cambodge et la Corée du Sud
Selon les informations rapportées par la presse locale, la division d’enquête criminelle de l’Agence de police métropolitaine de Séoul a interpellé 23 personnes, dont deux figures centrales du dispositif. Ces individus auraient blanchi les produits d’une organisation de phishing basée au Cambodge, en s’appuyant sur des plateformes d’échange de cryptomonnaies, tant nationales qu’internationales.
Entre février 2024 et avril 2025, le groupe aurait ainsi fait circuler 16,8 milliards de wons, soit environ 11,1 millions de dollars, en achetant des USDT et en multipliant les transactions. La mécanique reposait sur près de 11 300 comptes, reliés à quelque 25,7 milliards de wons (environ 17 millions de dollars) de fonds dérobés. Au total, 265 cas de phishing et d’arnaques à l’investissement ont nourri ce circuit.
Le procédé n’a cependant rien d’inédit. L’achat massif de stablecoins comme l’USDT permet de convertir rapidement de l’argent sale en actifs liquides, puis de fragmenter les sommes sur des centaines de comptes pour brouiller les pistes. Une technique de morcellement qui complique le travail des enquêteurs.

La police saisit 430 000 dollars en cryptomonnaies
Les autorités de Séoul ont finalement récupéré 650 millions de wons, environ 430 000 dollars, de produits criminels auprès des suspects. Le chef du réseau, lui, reste introuvable et il fait actuellement l’objet d’une notice rouge d’Interpol, le niveau d’alerte le plus élevé pour rechercher et localiser une personne en vue de son arrestation.
Au-delà des 23 personnes directement liées au blanchiment, 33 autres individus ont également été arrêtés. Leur activité : fournir illégalement des services de change en USDT pour des touristes et des connaissances.
Cette affaire rappelle que les organisations criminelles continuent d’exploiter les cryptomonnaies pour faire disparaître leurs profits. L’anonymat relatif et la rapidité des transferts transfrontaliers en font des outils prisés, là où le système bancaire traditionnel laisse des traces plus visibles.
Mais l’argument mérite d’être nuancé : la traçabilité native de la blockchain a précisément permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à ces 11 300 comptes. Un paradoxe que les criminels intègrent rarement dans leurs calculs.
La Corée du Sud a durci ces derniers mois son arsenal législatif sur les actifs numériques, et cette opération en démontre l’efficacité opérationnelle. Reste que la cavale du cerveau du réseau prouve que les frontières restent le principal angle mort de la lutte contre ce type de criminalité.
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