La Banque mondiale abandonne ses objectifs climatiques sous la pression des États-Unis
07/02/2026Climat contre dollar. La Banque mondiale, qui prête et subventionne les gouvernements des pays à faible et moyen revenu pour financer leur développement, vient de renoncer à l’un de ses engagements climatiques les plus ambitieux. Son premier actionnaire, les États-Unis, a eu gain de cause.
Points clés
- La Banque mondiale renonce à sa cible de 45 % de financements climat d’ici 2025, sous la pression des États-Unis
- Washington détient 16 % des droits de vote et pèse plus que tout autre pays sur les décisions de l’institution
- En 2025, 48 % des financements (39,2 milliards de dollars) avaient pourtant été dirigés vers des projets climatiques
- Plusieurs pays donateurs dénoncent la décision et réaffirment leurs engagements envers les pays en développement
Sous la pression des États-Unis, la Banque mondiale renonce à son objectif climatique
D’après le Financial Times, l’institution a décidé de supprimer son objectif consistant à consacrer 45 % de ses financements à des projets présentant des co-bénéfices climatiques. La décision, prise lors de la dernière réunion de son conseil d’administration, intervient après des pressions exercées par les États-Unis, qui jugent ce type d’objectif trop contraignant.
Elle suscite l’inquiétude de plusieurs pays européens et de nombreux pays en développement, qui y voient un signal négatif pour le financement de la transition climatique. Cet objectif figurait dans le Climate Change Action Plan 2021-2025 de la Banque mondiale.
Il visait à renforcer les investissements dans les énergies renouvelables, l’adaptation au changement climatique, la résilience des infrastructures et la protection de la biodiversité. Ironiquement, la Banque mondiale avait déjà dépassé cette cible : en 2025, 48 % de ses financements, soit 39,2 milliards de dollars, concernaient des projets comportant des bénéfices climatiques.
C’est pourtant cet objectif chiffré qui disparaît désormais.

Les États-Unis, premier actionnaire de la Banque mondiale
Avec environ 16 % des droits de vote, Washington demeure de loin le principal actionnaire de la Banque mondiale et dispose d’une influence considérable sur ses orientations stratégiques. Selon le Financial Times, l’administration Trump a utilisé ce poids pour obtenir la suppression de cet objectif, estimant qu’il réduisait la flexibilité de l’institution et l’éloignait de sa mission première de financement du développement.
Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de remise en cause des engagements climatiques internationaux. Plusieurs pays européens ainsi que des pays en développement ont exprimé leurs réserves, estimant que ce recul risque d’affaiblir les efforts internationaux en matière de financement climatique.
La Banque mondiale affirme toutefois que cette évolution ne remet pas en cause son soutien aux projets liés au climat. Elle explique vouloir désormais répondre davantage aux priorités exprimées par les États emprunteurs plutôt que de s’imposer un objectif interne.
Pour les défenseurs du climat, supprimer un objectif une fois celui-ci atteint envoie néanmoins un signal politique préoccupant, alors même que les besoins de financement de l’adaptation climatique continuent de croître dans les pays les plus vulnérables.
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