La roupie s’effondre : L’Inde mise sur les milliards de ses expatriés
07/15/2026Les expats à contribution. Pour freiner la glissade de sa monnaie et renforcer ses réserves de change, l’Inde intensifie la mobilisation de l’épargne de sa diaspora. La ministre des Finances Nirmala Sitharaman a appelé les banques publiques à redoubler d’efforts pour capter les dépôts en devises des Non-Resident Indians (NRI). Ces fonds deviennent une bouée de sauvetage face à un dollar toujours plus fort.
Points clés
- La RBI incite les banques à attirer les NRI deposits pour soutenir une roupie au plus bas.
- L’Inde reste le premier bénéficiaire mondial des transferts de fonds, plus de 120 milliards de dollars par an.
- Les stablecoins comme l’USDT concurrencent les circuits bancaires pour les envois de la diaspora.
- Malgré une fiscalité de 30 % et 1 % de TDS, l’Inde domine l’adoption crypto mondiale.
Une monnaie sous pression, des banques mobilisées
La roupie a multiplié les plus bas historiques face au billet vert. Pour soutenir la roupie, New Delhi mise sur l’épargne de sa diaspora. La Banque centrale (RBI) a autorisé les banques à mieux rémunérer les dépôts en devises des Indiens vivant à l’étranger, en levant temporairement le plafond des taux d’intérêt et en compensant une partie du coût de couverture contre le risque de change.
Résultat : certains dépôts en dollars offrent désormais jusqu’à 5,5 à 7 % de rendement. L’objectif est ambitieux. Avec près de 35 millions d’Indiens vivant à l’étranger, le pays reçoit chaque année plus de 120 milliards de dollars de transferts de fonds, le premier volume mondial selon la Banque mondiale.
En transformant une partie de ces flux en dépôts bancaires à terme, l’Inde espère stabiliser sa monnaie et reconstituer ses réserves sans recourir massivement à d’autres emprunts extérieurs.

Le réflexe stablecoins de la diaspora
Une partie croissante de ces transferts échappe cependant aux circuits bancaires traditionnels. Des stablecoins comme l’USDT permettent d’envoyer des fonds quasi instantanément et à très faible coût, contre plusieurs jours et des frais élevés via SWIFT ou Western Union.
L’Inde domine d’ailleurs le classement mondial d’adoption des cryptomonnaies (Chainalysis) depuis plusieurs années. Face à la dépréciation de la roupie, de nombreux expatriés (ouvriers du Golfe comme ingénieurs de la Silicon Valley) préfèrent parfois détenir directement des dollars numériques plutôt que de placer leur épargne sur des comptes bancaires soumis aux règles de change indiennes.
Malgré une fiscalité lourde – 30 % sur les plus-values crypto et 1 % de TDS sur chaque transaction -, la demande reste forte. L’État veut canaliser l’épargne de la diaspora vers les dépôts réglementés, tandis qu’une frange de cette même diaspora opte pour des actifs « durs » auto-détenus. Tant que la roupie restera sous pression, ce double mouvement – vers les dépôts bancaires attractifs d’un côté, vers les stablecoins de l’autre – devrait se poursuivre.
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