Crypto : La Corée du Sud bloque 29 exchanges étrangers
07/25/2026Rideau sur une partie des plateformes étrangères. Selon un décompte du média local Digital Asset relayé par Wu Blockchain, au moins 29 des 50 principaux exchanges de produits dérivés recensés par CoinMarketCap ne sont plus proposés aux nouveaux utilisateurs sur Google Play en Corée du Sud. OKX, Bybit, MEXC, KuCoin, BingX, Gemini, Backpack ou encore BitMEX figurent parmi les services concernés.
Points clés
- Au moins 29 des 50 premiers exchanges de dérivés crypto sont bloqués au téléchargement sur le Google Play sud-coréen depuis le 28 janvier
- Google exige un enregistrement VASP auprès de la FIU coréenne, une procédure quasi inaccessible aux plateformes étrangères
- Le blocage ne concerne que Google Play : les sites web et l’App Store d’Apple restent accessibles pour l’instant
- Le duopole Upbit-Bithumb sort renforcé, pendant que Séoul prépare stablecoins en won et ETF spot pour fin 2026
Google Play bras armé de la régulation sud-coréenne
Depuis le 28 janvier, Google exige que les applications d’exchange et de portefeuille custodial destinées aux utilisateurs sud-coréens prouvent leur enregistrement comme prestataire de services sur actifs virtuels auprès de la Financial Intelligence Unit, ou FIU.
Sans cette reconnaissance, les plateformes ne peuvent plus proposer leur application ni publier de mises à jour. L’application de la mesure a cependant été progressive : Bybit aurait disparu de Google Play le 10 juillet, tandis qu’OKX aurait été retiré le 24 juillet.
Parmi les 29 plateformes recensées, 14 avaient déjà été identifiées par la FIU comme des prestataires non enregistrés et signalées aux autorités. Les 15 autres, parmi lesquelles OKX, Bybit et Gemini, n’avaient pas fait l’objet d’un signalement public similaire, mais ont tout de même été écartées par Google.
Les utilisateurs ayant déjà installé ces applications peuvent théoriquement continuer à les utiliser. Ils risquent toutefois de ne plus recevoir les correctifs de sécurité et les nouvelles fonctionnalités. Les sites internet restent accessibles, tout comme les applications iOS des plateformes visées par cette dernière vague.

Une mise en conformité difficile pour les acteurs crypto étrangers
Pour rester sur Google Play, les exchanges doivent accomplir le processus d’enregistrement prévu par la législation sud-coréenne. Celui-ci comprend notamment la mise en place d’un dispositif complet de lutte contre le blanchiment et l’obtention d’une certification locale de sécurité des systèmes d’information.
Ces obligations placent les acteurs étrangers face à un choix coûteux : s’implanter réellement dans le pays et se soumettre à sa réglementation ou renoncer à distribuer leur application Android. Les plateformes coréennes déjà enregistrées, comme Upbit et Bithumb, se retrouvent mécaniquement avantagées.
Ce tour de vis prolonge une offensive commencée en 2025. À la demande de la FIU, Google Play avait alors bloqué 17 applications d’exchanges étrangers non enregistrés. Apple avait ensuite retiré 14 applications de son App Store, dont celles de KuCoin et MEXC.
Certains utilisateurs pourraient désormais se tourner vers les sites web, les VPN ou l’installation directe de fichiers Android. Ces solutions exposent néanmoins davantage aux fausses applications et aux tentatives de phishing.
En transformant Google Play en point de contrôle réglementaire, Séoul réduit donc fortement l’accès mobile aux exchanges étrangers sans bloquer totalement leurs services. Pour ces plateformes, l’accès au marché coréen passera désormais par une mise en conformité locale.
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