Détroit d’Ormuz : Un racket maritime payable en bitcoin sanctionné par Washington

Détroit d’Ormuz : Un racket maritime payable en bitcoin sanctionné par Washington

07/31/2026 0 Par cryptolounge

Un droit de passage déguisé en police d’assurance. Le département américain du Trésor vient de sanctionner deux entreprises iraniennes accusées de faire payer les navires souhaitant franchir le détroit d’Ormuz. Une partie des primes pouvait être réglée en bitcoin ou dans d’autres cryptomonnaies afin de contourner les sanctions occidentales et d’alimenter les caisses des Gardiens de la révolution. Les deux structures visées sont la HormuzSafe Marine Services Authority, également appelée Hormuz Safe, et la Persian Gulf Marine Insurance Company. Pour Washington, leur activité relève moins de l’assurance maritime que d’un système d’extorsion organisé autour de l’un des passages commerciaux les plus stratégiques au monde.

Points clés

  • Le Trésor américain sanctionne HormuzSafe Marine Services Authority et Persian Gulf Marine Insurance Company, accusées de vendre aux navires une assurance obligatoire pour franchir le détroit d’Ormuz
  • HormuzSafe acceptait le bitcoin et d’autres actifs numériques, dans un montage attribué aux Gardiens de la révolution islamique
  • L’Iran s’appuie sur les cryptomonnaies depuis 2019 : minage subventionné, importations réglées en bitcoin, plus de 4 milliards de dollars de sorties de fonds en 2024 selon Chainalysis
  • Une adresse désignée par l’OFAC devient inutilisable sur les plateformes conformes, et les armateurs qui paieraient s’exposent aux sanctions secondaires américaines
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Ormuz, un péage maritime sous couvert d’assurance

Selon le Trésor américain, la Persian Gulf Marine Insurance Company commercialisait des polices d’assurance approuvées par la Persian Gulf Strait Authority, une organisation soutenue par les Gardiens de la révolution et déjà placée sous sanctions américaines.

Ces assurances couvraient notamment le risque de saisie des navires. Un danger principalement créé par l’Iran lui-même, souligne Washington, qui décrit donc le dispositif comme un racket : les armateurs devaient payer pour se protéger d’incidents que les autorités iraniennes étaient précisément capables de provoquer.

L’enjeu financier est par ailleurs considérable. En 2024, près de 20 millions de barils de pétrole ont transité chaque jour par le détroit d’Ormuz, soit environ 20 % de la consommation mondiale de produits pétroliers. Environ un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié a également emprunté ce passage, selon l’Energy Information Administration.

Hormuz Safe proposait par ailleurs des services de contrôle du trafic, de sécurité et d’intervention d’urgence. Développée par le ministère iranien de l’Économie, la plateforme devait générer des revenus pour les Gardiens de la révolution tout en renforçant leur emprise sur la navigation commerciale.

Un droit de passage déguisé en police d’assurance. Le département américain du Trésor vient de sanctionner deux entreprises iraniennes accusées de faire payer les navires souhaitant franchir le détroit d’Ormuz. Une partie des primes pouvait être réglée en bitcoin ou dans d’autres cryptomonnaies afin de contourner les sanctions occidentales et d’alimenter les caisses des Gardiens de la révolution. Les deux structures visées sont la HormuzSafe Marine Services Authority, également appelée Hormuz Safe, et la Persian Gulf Marine Insurance Company. Pour Washington, leur activité relève moins de l’assurance maritime que d’un système d’extorsion organisé autour de l’un des passages commerciaux les plus stratégiques au monde.
Chainalysis partage l’information sur les réseaux sociaux – Source : Compte X

Bitcoin pour contourner les sanctions américaines

Hormuz Safe acceptait les paiements en bitcoin et dans d’autres actifs numériques. L’objectif était clair selon le Trésor : encaisser des fonds en dehors des circuits bancaires traditionnels, dans un contexte où l’Iran reste largement coupé du système financier occidental.

L’utilisation des cryptomonnaies ne met toutefois pas les clients à l’abri des sanctions. Les paiements en bitcoin sont soumis aux mêmes interdictions que les virements bancaires. Les ressortissants et entreprises américains ne peuvent désormais plus traiter avec les deux sociétés, tandis que les acteurs étrangers qui poursuivraient leurs transactions risquent eux aussi des sanctions secondaires.

La blockchain présente également une faiblesse pour ses utilisateurs : les transactions restent inscrites dans un registre public. Dès qu’une adresse est attribuée à une entité sanctionnée, les plateformes réglementées et les sociétés d’analyse peuvent suivre les mouvements associés et bloquer les fonds qui rejoignent leurs services.

L’Iran pensait ainsi transformer le bitcoin en outil de contournement financier. La sanction américaine rappelle pourtant que la cryptomonnaie ne fait pas disparaître le risque juridique. Pour les armateurs, le dilemme demeure : payer expose désormais aux représailles de Washington, tandis que refuser peut accroître les risques lors du passage sous surveillance iranienne.

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