S&P 500 au record : Michael Burry campe sur ses paris baissiers et brandit le spectre de 1987
08/05/2026Cassandre, encore. Warren Buffett l’avait surnommé ainsi dès 2010 devant la commission d’enquête sur la crise financière, en référence à la prophétesse grecque condamnée à dire vrai sans jamais être crue. Seize ans plus tard, Michael Burry campe toujours dans ce rôle.
Le 4 août, le S&P 500 a signé une clôture record à 7 737 points, une première depuis deux mois, portée par des résultats d’entreprises solides et l’espoir d’une désescalade au Moyen-Orient. Le même jour, l’investisseur qui avait prédit la crise des subprimes a publié un billet sur sa page Substack. Il y réaffirme ses positions baissières, sans renier pour autant l’euphorie ambiante.
- Michael Burry, connu pour ses prédictions passées, a réaffirmé ses positions baissières malgré un S&P 500 atteignant des records.
- Il a maintenu ses paris contre certaines grandes entreprises, soulignant sa conviction que l’intelligence artificielle a surévalué les marchés.
Un krach évoqué, mais nuancé aussitôt
Dans ce billet intitulé « Trading Post August 4, 2026 », Burry écrit qu’il reste possible qu’on approche « d’un sommet majeur, et d’une chute possible façon 1987 », tout en reconnaissant que les records du S&P 500 vont probablement attirer de l’argent frais sur le marché, ce qui limite la portée de son propre avertissement. Il s’appuie sur une statistique précise transmise par Jonathan Krinsky, stratège chez BTIG : une hausse de 5 % en quatre séances vers un nouveau record ne s’est produite que trois fois avant ce 4 août. La première le 21 mars 2000, au sommet de la bulle internet. La deuxième le 23 avril 1999, juste avant que les premières valeurs dot-com ne commencent à flancher. La troisième le 9 novembre 2020.
Sur le fond, rien n’a changé. Burry maintient, depuis son dernier relevé public, ses positions vendeuses sur l’ETF semi-conducteurs SOXX, sur Micron, Nvidia, Caterpillar, Palantir, Tesla et Applied Materials. Sept paris, un seul fil conducteur : la conviction que l’intelligence artificielle a poussé les valorisations bien au-delà de ce que justifient les résultats.
Le prophète qui s’est parfois trompé
Reste un détail que Burry n’a pas caché non plus dans son propre billet : il a déjà annoncé des krachs qui ne sont jamais venus. En mars 2021, il comparait le bitcoin à la bulle immobilière de 2008. Trois mois plus tard, il prédisait un effondrement boursier « pire que tout ce qu’on a connu ». Aucun des deux scénarios ne s’est matérialisé. Il a aussi parié contre Nvidia trop tôt pendant le rallye de l’IA et sous-estimé la résistance de Tesla, deux erreurs qu’il assume publiquement plutôt que de les balayer sous le tapis.
Depuis la dérégistration de son fonds Scion auprès de la SEC en novembre 2025, Burry ne publie plus de 13F trimestriel. Son dernier document réglementaire, daté du troisième trimestre 2025 et analysé par Barchart, montrait des puts sur Palantir (environ 912 millions de dollars notionnels, 5 millions d’actions) et sur Nvidia (187 millions, 1 million d’actions), soit à eux seuls 80 % de son portefeuille. Le pari Palantir affiche aujourd’hui 35 % de gain depuis son entrée en position. Celui sur Nvidia, avec un prix d’exercice à 110 dollars expirant en décembre 2027, reste dans le rouge.
Un signal parmi d’autres sur un marché qui doute
Un marché américain qui bat des records tout en restant traversé par des doutes sur la soutenabilité des dépenses en intelligence artificielle, voilà le décor dans lequel Burry maintient ses positions. Le doute persiste.
Le Nasdaq 100 se négocie aujourd’hui à 43 fois les bénéfices, bien au-delà du seuil implicite de 30 fois habituellement retenu par les gérants, et d’autres voix, moins médiatiques que Burry, pointent le même écart avec la bulle internet de 2000. Burry a raison ou il ajoute une ligne de plus à son historique de fausses alertes : dans les deux cas, un indice qui enchaîne les records n’a pour l’instant pas fait plier les shorts les mieux documentés du marché.
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