Crypto : 12 ans de prison et 24 coups de canne pour le braquage d’une partie de poker à Singapour

Crypto : 12 ans de prison et 24 coups de canne pour le braquage d’une partie de poker à Singapour

09/16/2026 0 Par cryptolounge

Une partie de poker qui tourne au cauchemar. La Haute Cour de Singapour a condamné six Malaisiens pour un braquage à main armée commis en 2024 dans le quartier huppé de Bukit Timah, où les joueurs réglaient leurs mises en cryptomonnaies. Les deux meneurs écopent chacun de douze ans et onze mois de prison et de 24 coups de canne.

Le butin atteint 4,906 millions de dollars singapouriens (environ 3,2 millions d’euros) en cryptomonnaies, en espèces et en biens de luxe. La police n’en a récupéré qu’un peu plus du tiers. Voici ce que l’on sait de cette affaire.

Points clés

  • Six Malaisiens condamnés par la Haute Cour de Singapour pour un braquage à main armée visant une partie de poker réglée en cryptomonnaies
  • Les deux meneurs écopent de 12 ans et 11 mois de prison et de 24 coups de canne, le maximum prévu pour un adulte
  • Sur 4,906 millions de dollars singapouriens dérobés, la police n’a récupéré que 1,69 million
  • Les wrench attacks se multiplient dans le monde, avec plus de 200 cas documentés depuis 2014

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Crypto et poker clandestin : La mécanique du braquage de Bukit Timah

Les six hommes ne sont pas arrivés par hasard. Une villa de ce quartier résidentiel accueillait régulièrement des parties à très hauts enjeux, et les joueurs y soldaient leurs mises en cryptomonnaies plutôt qu’en liquide. La presse locale, qui a consulté les pièces du dossier, décrit une intrusion armée puis des participants contraints de transférer leurs avoirs vers des wallets désignés à l’avance par les assaillants.

Le mode opératoire repose sur une propriété technique simple. Un virement bancaire peut être contesté, gelé, parfois annulé. Une transaction signée sur une blockchain publique part sans retour possible : une fois l’ordre validé par la clé privée, aucun intermédiaire ne dispose du pouvoir de le rappeler. Cette irréversibilité explique l’attrait de la contrainte physique pour des braqueurs dépourvus de la moindre compétence informatique.

Aux jetons extorqués se sont ajoutés les espèces et les objets de valeur raflés sur place, pour un préjudice total de 4,906 millions de dollars singapouriens. La police a depuis saisi l’équivalent de 1,69 million de dollars singapouriens, environ 1,1 million d’euros. Le reste du butin demeure introuvable.

La Haute Cour de Singapour a condamné six Malaisiens pour un braquage à main armée commis en 2024 dans le quartier huppé de Bukit Timah, où les joueurs réglaient leurs mises en cryptomonnaies. Les deux meneurs écopent chacun de douze ans et onze mois de prison et de 24 coups de canne.

Le butin atteint 4,906 millions de dollars singapouriens (environ 3,2 millions d'euros) en cryptomonnaies, en espèces et en biens de luxe. La police n'en a récupéré qu'un peu plus du tiers. Voici ce que l'on sait de cette affaire.
Les six victimes participaient à des jeux d’argent interdits par la loi locale – Source : Compte X

Singapour : 24 coups de canne, le maximum prévu par la loi

Il faut savoir que la bastonnade judiciaire n’a rien d’exceptionnel dans la cité-État. Le vol commis en réunion relève de dispositions du code pénal qui rendent la peine corporelle obligatoire, avec un plancher de douze coups de rotin. Le code de procédure pénale plafonne à 24 le nombre de coups qu’un adulte peut recevoir : les deux organisateurs ont donc reçu le maximum légal, en plus de près de treize ans de détention.

Une sévérité qui interpelle, et qui reste propre au système judiciaire singapourien, bien loin de ce que prévoit (et de ce qu’appelle) le droit français pour ce type de faits.

Les six prévenus ont tous été reconnus coupables, les meneurs héritant des peines les plus lourdes. L’enquête a suivi son cours malgré un détail embarrassant pour les victimes : hors des deux casinos licenciés de l’île, les parties d’argent tombent sous le coup de la législation singapourienne sur les jeux.

Les fonds en cryptomonnaies laissent une empreinte permanente sur des registres publics, et la police singapourienne s’appuie depuis plusieurs années sur des outils d’analyse de chaîne pour remonter ce type de flux. Les liasses et les montres passées de l’autre côté du détroit de Johor n’offrent, elles, aucune prise comparable aux enquêteurs.

La Haute Cour de Singapour a condamné six Malaisiens pour un braquage à main armée commis en 2024 dans le quartier huppé de Bukit Timah, où les joueurs réglaient leurs mises en cryptomonnaies. Les deux meneurs écopent chacun de douze ans et onze mois de prison et de 24 coups de canne.

Le butin atteint 4,906 millions de dollars singapouriens (environ 3,2 millions d'euros) en cryptomonnaies, en espèces et en biens de luxe. La police n'en a récupéré qu'un peu plus du tiers. Voici ce que l'on sait de cette affaire.
La France passe à la vitesse supérieure en matière de lutte contre les wrench attacks – Source : Compte X JDC

Wrench attacks : Les détenteurs de crypto visés d’un continent à l’autre

Enfin, rappelons que ce type de procédé porte un nom dans le jargon : la wrench attack, littéralement l’attaque à la clé à molette, en référence à un dessin devenu culte où l’assaillant renonce à briser un chiffrement et préfère frapper son propriétaire jusqu’à obtenir le mot de passe. Le recensement public tenu par l’ingénieur Jameson Lopp documente plus de 200 agressions de ce type depuis 2014, et l’année 2025 a battu tous les records.

La France paye d’ailleurs un lourd tribut à cette vague avec près des deux tiers des attaques mondiales opérées dans l’Hexagone. Et la situation est tellement préoccupante que la Gendarmerie a décidé de déployer des moyens particuliers afin de lutter contre ce fléau.

Contre la contrainte physique, les parades techniques existent et se diffusent. Un wallet multisig répartit la signature entre plusieurs clés confiées à des personnes ou à des lieux distincts : un détenteur isolé, même sous la menace, n’a plus le pouvoir de valider seul le moindre transfert. Plusieurs conservateurs proposent également des délais de retrait programmés, qui rendent impossible l’envoi immédiat exigé par un agresseur. S’y ajoute la règle que les enquêteurs répètent après chaque affaire : ne jamais afficher publiquement ses avoirs, ses adresses ni ses déplacements. Mais quand ce sont des hackers qui mettent les données en place publique, il n’y a malheureusement pas grand-chose à faire pour se prémunir de ces attaques…

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