La Bourse US version blockchain : 3 points pour comprendre le grand chantier de la SEC
09/18/2026Une bourse qui ne dort presque plus, des actions qui deviennent des jetons. En une semaine, la SEC a posé les deux pièces d’un même puzzle : l’extension des horaires de trading et une exemption inédite pour faire circuler de vraies actions américaines sur la blockchain. De quoi perdre le fil si vous n’avez suivi que des bribes de l’actualité. Voici de quoi remettre à plat ce que prépare le régulateur américain, en trois points, avant que le sujet ne redevienne central la semaine prochaine.
- La SEC a élargi les horaires de trading des bourses américaines jusqu’à 23h en semaine, avec une diffusion des données de marché adaptée.
- Une exemption inédite permet désormais aux plateformes qualifiées de négocier des actions américaines sous forme de jetons blockchain, avec des conditions strictes et un cadre réglementaire encadré.
1. Wall Street va trader jusqu’à 23h, cinq jours sur sept
Premier chantier, le plus visible : les bourses américaines étendent leurs horaires de négociation jusqu’à 23h en semaine à partir du 6 décembre. Ce n’est pas un simple ajustement de planning.
Le système de diffusion des données de marché (le SIP, qui centralise et redistribue les cotations en temps réel) doit lui aussi basculer sur ce rythme élargi, une bascule confirmée par Jamie Selway, directeur de la division Trading and Markets de la SEC. L’objectif affiché va plus loin que les horaires : la SEC veut tester la tokenisation comme solution technique pour faire tenir un marché quasiment permanent, avec un règlement quasi instantané plutôt que le cycle classique à J+1.
2. L’exemption d’innovation
Deuxième pièce du puzzle, l’« exemption d’innovation » : la SEC a accordé aux plateformes qualifiées, baptisées Tokenized Securities Venues (TSV), une dérogation de cinq ans au statut réglementaire de « bourse ».
Concrètement, ces plateformes pourront faire s’échanger des actions américaines cotées sous forme de jetons blockchain, en continu et par fractions, avec un règlement quasi immédiat. Mais l’exemption reste cadrée serré : 75 symboles large caps maximum, plafonnés à 0,25 % du volume quotidien moyen du titre, et jusqu’à 250 symboles small caps à 2,5 % de volume. Chaque TSV doit aussi prévenir par écrit l’émetteur du titre qu’elle veut tokeniser, et lui laisser 30 jours pour s’y opposer.
3. Une innovation encadrée, pas un blanc-seing
Reste la question qui fâche : est-ce que la SEC ouvre grand les vannes, ou teste-t-elle prudemment le terrain ? La réponse penche vers la seconde option. Cinq ans, ce n’est pas rien, mais ce n’est pas non plus une autorisation permanente. Les plafonds de volume, le droit de veto des émetteurs et l’obligation de smart contracts publics et auditables dessinent un cadre pensé pour limiter les dérapages plutôt que pour lâcher la bride. Le régulateur américain a d’ailleurs repoussé ce dossier à plusieurs reprises avant de trancher.
Le fil conducteur de la semaine tient en une phrase : la SEC parie sur la blockchain pour faire tourner un marché financier plus rapide, plus long et plus fractionné, sans pour autant lui laisser les clés du camion. Le sujet reviendra vite sur la table, dès que les premières TSV commenceront à lister leurs premiers titres.
L’article La Bourse US version blockchain : 3 points pour comprendre le grand chantier de la SEC est apparu en premier sur Journal du Coin.


