Bitcoin : Hack, litiges et SPAC abandonné, la mauvaise passe d’Adam Back
09/29/2026Mauvaise passe pour une figure historique de Bitcoin. Adam Back, inventeur de Hashcash et cofondateur de Blockstream, voit plusieurs projets auxquels il reste associé traverser simultanément une période difficile. Bloomberg recense l’abandon de la cotation de BSTR Holdings, des litiges visant une activité minière séparée de Blockstream et le piratage de Liquid Network.
Ces dossiers concernent toutefois des structures distinctes et n’engagent pas toutes directement la société dirigée par le cryptographe britannique.
Points clés
- Une faille de Liquid Network a permis de retirer environ 4 000 BTC, dont 3 400 ont ensuite été restitués
- Environ 598,5 BTC, valorisés autour de 47 millions de dollars, restent entre les mains des auteurs
- Le projet de cotation de BSTR Holdings avec Cantor Equity Partners I a été abandonné
- L’accord de rupture prévoit le versement de 15 millions de dollars au SPAC de Cantor
- Plusieurs litiges concernent une activité minière qui ne dépend plus de Blockstream Corp.
Liquid Network restitue 85 % des bitcoins retirés
Adam Back occupe une place particulière dans l’histoire de Bitcoin. Son système Hashcash, conçu en 1997 pour lutter contre le courrier indésirable, a inspiré le mécanisme de preuve de travail utilisé par le protocole. Satoshi Nakamoto l’a cité dans le whitepaper publié en 2008.
Back a ensuite cofondé Blockstream en 2014 et dirige toujours l’entreprise. Celle-ci développe notamment Liquid, une sidechain fédérée permettant de déplacer des bitcoins plus rapidement et avec davantage de confidentialité. Blockstream avait atteint une valorisation de 3,2 milliards de dollars après une levée de fonds de 210 millions en 2021.
Le 6 septembre 2026, des acteurs non identifiés ont exploité une faille du logiciel de validation de Liquid. Ils ont créé environ 4 000 L-BTC sans déposer les bitcoins correspondants, puis les ont convertis en véritables BTC par l’intermédiaire du mécanisme de sortie de la sidechain.
Le retrait initial représentait environ 319 millions de dollars. Les auteurs, qui se sont présentés comme des hackers éthiques sans que cette qualité soit confirmée, ont restitué quelque 3 400 BTC après le déploiement d’un correctif. Environ 598,5 BTC, soit près de 47 millions de dollars, restent néanmoins en leur possession.
D’autres difficultés touchent l’ancienne activité minière de Blockstream. Celle-ci a été séparée du groupe et opère désormais autour d’Exacore, Adam Back n’y conservant qu’une participation minoritaire. Plusieurs procédures portent sur des factures, des équipements et des contrats d’hébergement prétendument impayés.
River Financial réclame notamment environ 6,7 millions de dollars à Blockstream Services Canada. La société visée n’est plus contrôlée par Blockstream Corp., même si elle continue d’utiliser ce nom sous licence. Ces accusations civiles n’ont pas encore été tranchées.

BSTR Holdings renonce à sa cotation et doit verser 15 millions de dollars
Le troisième revers concerne BSTR Holdings, une société de trésorerie Bitcoin cofondée et dirigée par Adam Back. Elle devait entrer au Nasdaq en fusionnant avec Cantor Equity Partners I, un SPAC soutenu par Cantor Fitzgerald.
Le montage prévoyait que la future entreprise cotée disposerait de 30 021 BTC à la clôture. Les fondateurs devaient en apporter 25 000, tandis que des investisseurs engagés dans un placement privé devaient fournir les 5 021 BTC restants. Jusqu’à 1,5 milliard de dollars de financements en monnaie fiduciaire étaient également envisagés.
Ces bitcoins ne constituaient donc pas encore le bilan effectif d’une société cotée. Leur apport restait conditionné à la finalisation de la fusion.
Les deux parties ont finalement abandonné l’opération le 20 août 2026 après avoir tenté d’en modifier les conditions. L’accord de rupture prévoit le paiement de 15 millions de dollars à Cantor Equity Partners I, dont 10 millions en septembre et cinq millions en décembre.
BSTR affirme poursuivre sa stratégie de gestion de trésorerie en dehors des marchés publics. L’abandon de sa cotation intervient alors que la diminution des primes boursières sur les réserves de bitcoins complique le financement des sociétés spécialisées dans cette stratégie.
Le piratage de Liquid, les contentieux miniers et l’échec du rapprochement avec Cantor ne relèvent pas d’une même entreprise. Leur accumulation place néanmoins Adam Back face à trois dossiers distincts touchant la sécurité technique, les contrats commerciaux et l’accès aux marchés financiers. Mauvaise passe pour cet OG du Bitcoin.
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