Pays-Bas : le bitcoin pourrait rester taxé sur ses gains non réalisés

Pays-Bas : le bitcoin pourrait rester taxé sur ses gains non réalisés

10/01/2026 0 Par cryptolounge

Les actionnaires néerlandais respirent. Après des mois de fronde, La Haye propose de renoncer à taxer chaque année leurs gains non réalisés. Dès 2028, l’impôt tomberait uniquement à la vente. Pour les bitcoins gardés dans un wallet, rien n’est tranché. Vu de France, où la dette bat record sur record, le dossier a tout d’un avant-goût.

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La loi qui voulait taxer des gains restés sur l’écran

Aux Pays-Bas, le fisc ne regarde pas ce que votre épargne rapporte vraiment. Il part d’un rendement forfaitaire, fixé à 6 % pour les cryptos en 2026, et taxe ce gain supposé.

En 2021, la Cour suprême a jugé ce système illégal. Le gouvernement devait lui trouver un remplaçant.

La Chambre basse a voté sa réponse le 12 février 2026. À partir de 2028, la hausse de valeur d’un patrimoine serait taxée chaque année à 36 %, même sans aucune vente.

Concrètement, votre bitcoin prend 100 000 € sur l’année. Vous ne vendez rien. Le fisc vous réclame 36 000 €.

Le vote a fait bondir bien au-delà des Pays-Bas. Sur X, le patron de Shopify, Tobi Lütke, a parlé de « la chose la plus stupide qu’un gouvernement sur Terre poursuive en ce moment ».

Le coup de grâce est venu de l’intérieur. Le 25 février, le ministre des Finances Eelco Heinen a lâché le texte de son propre gouvernement. « Je pense que quelque chose a tout simplement mal tourné. Je pense que la loi ne peut pas passer en l’état. »

Le Sénat en a débattu le 30 juin, sans la voter. Le texte est resté bloqué. En attendant, le rendement forfaitaire reste la règle.

Le bitcoin, grand oublié du plan du 29 septembre

Ce 29 septembre, le gouvernement a présenté son plan pour débloquer le dossier. Il demande toujours au Sénat d’adopter la loi de février, avec une correction de taille. Dès 2028, actions, obligations et options seraient taxées uniquement à la vente, sur la plus-value réellement empochée.

Pour tout le reste, la taxe annuelle sur les gains non réalisés entrerait bien en vigueur en 2028. Ces actifs y resteraient 2 ans, avant de passer à leur tour à la taxe à la vente en 2030. Un seul vote du Sénat, espéré avant le 31 décembre, validerait les 2 régimes d’un coup.

Dans la lettre du gouvernement, les cryptos n’apparaissent nulle part. En droit européen, elles ont leur propre catégorie, encadrée par le règlement MiCA. Un produit bitcoin coté en Bourse, du type ETF, compte parmi les instruments financiers.

Les premières analyses publiées aux Pays-Bas en tirent la conclusion logique. 

Le produit coté passerait à la taxe à la vente dès 2028. Le bitcoin acheté sur un exchange ou conservé dans un wallet serait taxé chaque année sur ses gains non réalisés, jusqu’en 2030.

En France, la dette bat des records, l’imagination fiscale aussi

Côté français, les chiffres donnent le vertige. La dette publique a atteint 119 % du PIB fin juin, un record. Le gouvernement cherche 54 milliards d’euros pour boucler le budget 2027.

Matignon promet la « stabilité fiscale ». Les députés ont déjà prouvé qu’ils savaient innover.

Le 31 octobre 2025, l’Assemblée a voté un impôt annuel de 1 % sur la « fortune improductive » au-delà de 1,3 million d’euros. Cryptos, or et assurance-vie y passaient, même sans aucune vente. La mesure a sauté du budget final, promulgué en février 2026. Les plus-values crypto restent taxées à la vente, à 31,4 %. 

Avec une dette attendue à 121,7 % du PIB en 2027, il suffirait d’un amendement pour que la taxation des gains non réalisés s’invite au débat à l’Assemblée.

Le jour où l’impôt dépasse le portefeuille

Direction Amsterdam. Résident fiscal néerlandais, vous avez acheté pour 50 000 € de bitcoin. Au 31 décembre, ils en valent 150 000 €, et le fisc attend ses 36 000 € l’année suivante. 

Entre-temps, le marché décroche de 80 %. Votre position ne vaut plus que 30 000 €. L’impôt réclamé peut donc dépasser la valeur de tout votre portefeuille.

Pour payer, vous vendez l’intégralité de vos bitcoins, puis vous puisez dans votre épargne. Le tout pour un gain que vous n’avez jamais touché. 

La loi prévoit bien un report des pertes. Les 120 000 € envolés viendront réduire l’impôt sur vos futurs gains. Encore faut-il qu’il vous reste un portefeuille pour en générer : le vôtre est parti régler la facture. 

Le krach de l’exemple, le bitcoin l’a déjà vécu

Le bitcoin a perdu plus de 75 % à deux reprises, entre 2017 et 2018 puis entre 2021 et 2022. Plus près de nous, il a cédé environ la moitié de sa valeur entre octobre 2025 et avril 2026.

Taxe ou pas, un portefeuille entièrement exposé encaisse ces chutes de plein fouet. Avec un capital déjà conséquent, vivre ces retournements peut s’avérer stressant et usant.

Une partie des investisseurs crypto a fait un autre choix : rester dans l’écosystème sans subir sa volatilité. Prêtés en DeFi, des stablecoins permettent de viser un rendement indépendant de la direction du marché. C’est ce type de stratégies que le Club 25% documente pour ses membres.

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Le Sénat néerlandais, qui pourrait trancher avant le 31 décembre, dira si le bitcoin reste taxé sur ses gains non réalisés.

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