Crypto : La Grèce taxera les plus-values à 10 %, moins que prévu
10/08/2026Athènes précise sa fiscalité crypto. La Grèce propose un impôt de 10 % sur les plus-values réalisées par les particuliers lors de la cession de cryptoactifs. Ce taux est inférieur aux 15 % évoqués en juin par deux responsables gouvernementaux auprès de Reuters. Le projet, actuellement en consultation publique, prévoit une exonération lorsque les gains nets annuels ne dépassent pas 500 euros. Sa présentation au Parlement est attendue en novembre. Explications.
Points clés
- Athènes retient finalement un prélèvement de 10 % sur les gains en actifs numériques, contre les 15 % annoncés six mois plus tôt
- Les 500 premiers euros de profits annuels échappent à l’impôt, et le minage individuel serait épargné
- Aucune estimation de recettes n’existe, les investisseurs grecs opérant surtout via des plateformes étrangères
- Les taux européens vont de 8 % à Chypre à 33 % en Irlande et en Italie, sans harmonisation entre États membres
La Grèce propose une taxe de 10 % sur les plus-values crypto
Le ministère grec de l’Économie et des Finances entend combler les lacunes du traitement fiscal des cryptoactifs. Le taux de 10 % proposé concerne les plus-values des personnes physiques, calculées à partir de la différence entre le prix de cession et le coût d’acquisition.
Les ventes contre de la monnaie traditionnelle, les achats de biens ou de services en crypto et les apports au capital d’une société figurent parmi les opérations concernées. En revanche, échanger une cryptomonnaie contre une autre ne créerait pas de plus-value imposable.
Les plus-values nettes annuelles seraient exonérées jusqu’à 500 euros inclus. Au-delà, l’impôt de 10 % porterait sur la totalité du gain, et non uniquement sur la part dépassant ce seuil. Ainsi, un gain net de 600 euros entraînerait un impôt de 60 euros.
La conservation des justificatifs serait également déterminante. Le projet permet de documenter les transactions à partir des relevés des intermédiaires ou des données issues de la blockchain. Si le prix d’acquisition ne peut pas être établi, il serait considéré comme nul, ce qui pourrait conduire à imposer l’ensemble du prix de vente.
Enfin, les pertes annuelles supérieures à 500 euros pourraient être reportées pendant cinq ans, uniquement pour compenser de futures plus-values crypto.

Staking, gains passés et transparence fiscale : Un cadre plus large
Et le projet dépasse la seule vente de jetons. Les revenus provenant du staking, du prêt de cryptomonnaies et de la fourniture de liquidité seraient traités comme des intérêts, avec un taux de 10 %. Les achats de crypto entreraient aussi dans le dispositif grec qui compare les dépenses d’acquisition d’actifs aux ressources déclarées par les contribuables.
Une procédure de déclaration volontaire couvrirait les plus-values antérieures. Les personnes concernées disposeraient de douze mois à compter de l’entrée en vigueur des dispositions pour déclarer ces gains, puis de soixante jours pour payer l’impôt. L’absence de pénalités et d’intérêts dépendrait du respect des conditions prévues.
Parallèlement, la transparence progresse à l’échelle européenne. DAC8 impose la collecte des données sur les transactions déclarables des utilisateurs résidant dans l’Union depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Les premiers échanges entre administrations fiscales doivent intervenir au plus tard le 30 septembre 2027. Cette directive organise la transmission d’informations, sans pour autant harmoniser les taux d’imposition nationaux.
Le projet grec associe donc un taux forfaitaire à des règles de calcul, de justification et de déclaration. Il reste soumis à la consultation et au vote parlementaire : les 10 % proposés ne constituent pas encore un régime fiscal adopté. Encore une fois, l’harmonisation fiscale continentale n’est pas au programme…
L’article Crypto : La Grèce taxera les plus-values à 10 %, moins que prévu est apparu en premier sur Journal du Coin.


