Bitcoin : Arthur Hayes voit la dilution des géants de l’IA plomber le marché
11/06/2026Les introductions en Bourse de l’IA peuvent-elles fragiliser Bitcoin ? Dans son essai « D is for Dilution », publié le 5 novembre, Arthur Hayes décrit un scénario dans lequel les ventes d’actions des premiers investisseurs pèseraient sur SpaceX, Anthropic et OpenAI. La défiance gagnerait ensuite le crédit, puis les actifs sensibles à la liquidité comme Bitcoin.
Le cofondateur de BitMEX maintient donc une position prudente pour Maelstrom. À plus longue échéance, il anticipe toutefois une réponse des banques centrales susceptible de soutenir les cryptomonnaies.
Points clés
- Arthur Hayes redoute une pression vendeuse liée aux actions devenant négociables après les introductions en Bourse.
- Son estimation de « 83 % de dilution » pour Anthropic ne signifie pas une baisse automatique équivalente de la participation des actionnaires.
- Il envisage une transmission des difficultés de financement de l’IA au crédit bancaire, puis à Bitcoin.
- Maelstrom reste en retrait dans l’attente d’une amélioration des conditions de liquidité.
Arthur Hayes redoute l’arrivée massive d’actions sur le marché
Il ouvre son raisonnement avec Zcash : une capitalisation peut progresser sans que les premiers acheteurs gagnent de l’argent si l’offre disponible augmente rapidement. Il applique cette lecture aux actions des grandes entreprises de l’IA et de SpaceX.
Après une introduction en Bourse, les dirigeants, salariés et investisseurs historiques peuvent rester soumis à une période de blocage, souvent de 180 jours, mais variable selon les accords. Son expiration autorise la vente de titres jusque-là indisponibles.
Pour Anthropic, Arthur Hayes avance une estimation de « 83 % de dilution » d’ici juin 2027, à partir de sa lecture du document d’introduction. Ce chiffre reste son calcul, pas une prévision officielle de l’entreprise.
La distinction est essentielle : rendre négociables des actions déjà émises ne crée pas nécessairement de nouvelles actions. Le risque décrit porte notamment sur l’augmentation de l’offre susceptible d’être vendue. Une émission supplémentaire de titres constitue, elle, une dilution du capital.
Le patron de Maelstrom estime que cette pression pourrait affaiblir les cours malgré la croissance des revenus. Cependant, un déblocage ne garantit ni une vente immédiate de tous les titres ni une baisse mécanique de leur prix.

Bitcoin exposé à un éventuel ralentissement du crédit
Le lien avec Bitcoin passe, dans sa thèse, par le financement de l’IA. Une baisse durable des actions pourrait rendre les prêteurs plus méfiants et renchérir les emprunts nécessaires aux centres de données et aux autres infrastructures.
Il envisage alors un ralentissement des prêts et des financements accordés par les banques. Une moindre expansion de leurs bilans réduirait le soutien de la liquidité aux actifs risqués, dont les cryptomonnaies.
Il relève un recul hebdomadaire du bilan bancaire américain, tout en reconnaissant qu’une seule observation ne suffit pas à établir une tendance. Les statistiques agrégées des banques commerciales figurent notamment dans la publication H.8 de la Fed, distincte du bilan propre de la banque centrale.
Maelstrom attend donc une amélioration de la liquidité avant de redéployer son capital. Mais M.Hayes envisage aussi qu’une crise du financement de l’IA provoque une intervention monétaire et budgétaire favorable à Bitcoin.
Son scénario comporte ainsi deux séquences : une contraction possible du crédit, puis un soutien public éventuel. Ni l’enchaînement ni son calendrier ne sont acquis ; ils constituent le pari macroéconomique sur lequel repose sa prudence actuelle.
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