142 rassemblements, 98 milliards de dollars bloqués : la révolte anti-data centers IA prend de l’ampleur

142 rassemblements, 98 milliards de dollars bloqués : la révolte anti-data centers IA prend de l’ampleur

07/20/2026 0 Par cryptolounge

Le week-end du 18 juillet restera comme le jour où la contestation anti-data centers IA a changé d’échelle aux États-Unis. Le collectif Humans First avait annoncé 125 rassemblements dans plus de 20 États ; le décompte final, une fois la poussière retombée, grimpe à 142 manifestations réparties dans 42 États. Mais le vrai chiffre qui devrait inquiéter l’industrie de l’IA n’est pas celui-là. C’est celui-ci : depuis le début de l’année, ce mouvement a déjà fait capoter environ 98 milliards de dollars de projets de data centers, et forcé l’adoption de plus de 300 textes de loi dans les parlements d’État. La contestation locale est devenue un rapport de force national, et personne à Washington ne semble avoir de plan pour l’arrêter.

Les points clés de cet article :
  • Le 18 juillet, 142 manifestations anti-data centers IA ont eu lieu dans 42 États américains, illustrant une montée en puissance spectaculaire du mouvement.
  • Depuis le début de l’année, 98 milliards de dollars de projets de data centers ont été annulés et plus de 300 lois ont été proposées pour réguler cette industrie.

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De 125 à 142 : le mouvement a grossi plus vite que prévu

Les chiffres provisoires du 18 juillet ont été révisés à la hausse dans les jours qui ont suivi. Selon un décompte actualisé relayé par US News, ce sont finalement 142 rassemblements qui ont eu lieu dans 42 États, et non 125 dans une vingtaine d’États comme l’annonçaient les premiers relais. Le Texas et la Géorgie restent en tête du mouvement, sans surprise : ce sont les deux États où les méga-projets de data centers poussent le plus vite.

Mais la vraie mesure de l’ampleur du phénomène se lit ailleurs. Les groupes d’opposition locaux sont passés de 396 à plus de 800 depuis le début de l’année, désormais actifs dans 49 des 50 États américains. Et sur le plan législatif, l’addition est salée pour l’industrie : plus de 300 projets de loi visant à encadrer, freiner ou taxer les data centers ont été déposés dans les parlements d’État au premier semestre 2026, un rythme qui a déjà égalé, en trois mois seulement, tout ce qui avait été proposé sur l’ensemble de 2025.

La Virginie sort la carte fiscale, d’autres États lorgnent le moratoire

Après le moratoire d’un an signé par Kathy Hochul dans l’État de New York le 14 juillet, d’autres États ont accéléré leurs propres textes. Le Vermont planche sur un texte qui gèlerait purement et simplement toute nouvelle construction jusqu’en 2030.

La Géorgie, elle, envisage une interdiction d’un an à compter du 1ᵉʳ juillet 2026. Seule fausse note pour le mouvement : dans l’Ohio, une initiative citoyenne visant à inscrire l’interdiction des data centers de plus de 25 MW dans la Constitution de l’État a échoué, faute de signatures. À peine 70 000 récoltées sur les 413 488 nécessaires.

C’est la Virginie qui frappe le grand coup avec une approche différente : plutôt qu’interdire, taxer. Depuis le 1ᵉʳ juillet, l’État impose une taxe de 1,1 cent par kilowattheure sur la consommation électrique des data centers, une première nationale qui ouvre une troisième voie, entre moratoire pur et statu quo, susceptible d’inspirer d’autres législatures.

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L’accusation qui empoisonne l’alliance MAGA-écolos

Le volet politique de l’affaire, lui, s’est envenimé. Marc Andreessen a relayé cette semaine une enquête signée du journaliste conservateur Jordan Schachtel, intitulée « Built to Deceive » (« Construit pour tromper »), qui accuse Humans First d’avoir été fondé par des anciens du Center for AI Safety, une organisation liée à l’altruisme efficace, financée à hauteur de plus de 12 millions de dollars par Coefficient Giving, le fonds du milliardaire progressiste Dustin Moskovitz.

David Sacks, coprésident du conseil scientifique et technologique de la Maison-Blanche, a qualifié le mouvement d’« opération de censure déguisée » dans un message vu plus de 21 millions de fois sur X. Elon Musk a immédiatement amplifié l’accusation.

Un porte-parole de Humans First a démenti fermement auprès du Daily Caller : « Je ne sais pas de quels liens avec Dustin Moskovitz vous parlez. Nous ne l’avons jamais rencontré, nous n’avons jamais reçu d’argent de lui. »

Amy Kremer, la cofondatrice de Humans First, prend soin de distinguer son mouvement du Tea Party qu’elle avait jadis contribué à fonder : moins une croisade idéologique qu’une coalition transpartisane soudée par une doléance concrète, la facture d’électricité. Ses revendications restent d’ailleurs précises et négociables : des procédures d’autorisation transparentes, des protections environnementales renforcées, des emplois syndiqués sur les chantiers, et une responsabilité contractuelle pour les promoteurs qui ne tiennent pas leurs engagements.

La bataille dépasse donc déjà la seule question énergétique : elle s’invite dans un débat plus large sur qui, de l’État fédéral ou des collectivités locales, doit arbitrer entre l’appétit électrique de l’intelligence artificielle et celui, tout aussi réel, des ménages américains.

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