8 millions d’euros dérobés en cryptomonnaies : un suspect interpellé après une séquestration violente
04/22/2026Le 18 décembre dernier, vers 5 heures du matin, trois individus cagoulés se sont introduits dans une résidence de Dompierre-sur-Mer, à proximité de La Rochelle. Un investisseur et sa compagne ont été ligotés, frappés et menacés durant deux heures. Sous la contrainte physique, la victime a été forcée de déverrouiller sa clé sécurisée Ledger et d’effectuer un transfert de 8 millions d’euros en cryptomonnaies vers des portefeuilles contrôlés par les agresseurs.
- Trois individus cagoulés ont commis une attaque audacieuse à Dompierre-sur-Mer, extorquant 8 millions d’euros en cryptoactifs sous la menace physique.
- Un suspect a été mis en examen, mais les deux autres agresseurs courent toujours, illustrant une tendance inquiétante des « cryptorapts » en France.
Un suspect mis en examen et placé en détention provisoire
Après quatre mois d’investigations, les gendarmes de la Section de Recherches (SR) de Poitiers ont interpellé un homme de 34 ans à la mi-avril. Le suspect a été mis en examen pour extorsion, séquestration et blanchiment, le tout en bande organisée. Malgré les indices matériels réunis par les enquêteurs, l’individu nie toute participation aux faits. Son avocat, a confirmé que son client contestait l’intégralité des chefs d’accusation.
L’enquête est désormais suivie par le Parquet national de lutte contre la criminalité organisée (Pnaco). Si une partie des fonds dérobés a pu être gelée rapidement pour éviter leur dispersion totale, les deux autres auteurs de l’agression n’ont pas encore été identifiés et demeurent activement recherchés par les forces de l’ordre.

La multiplication des agressions physiques contre les investisseurs
Cette affaire illustre une tendance criminelle lourde : le passage de la cybercriminalité à l’agression physique directe pour contourner les protections techniques. En France, 41 cas de séquestrations liées aux actifs numériques ont été recensés depuis le début de l’année 2026. Ces méthodes, qualifiées de « cryptorapts », visent à obtenir les clés privées des victimes par la force.
Ce dossier met en lumière les risques réels pour les détenteurs de portefeuilles importants. Malgré la sécurité offerte par le stockage à froid, la vulnérabilité physique des propriétaires reste le maillon faible exploité par les réseaux organisés. La justice poursuit ses efforts pour démanteler la cellule responsable de l’attaque de Dompierre-sur-Mer et identifier les circuits de blanchiment utilisés.
Bien que cette enquête soit encore en cours, plusieurs autres affaires de cryptorapts ont connu des dénouements plus rapides ces dernières semaines. Dans l’Yonne, mi-avril, une mère et son fils ont été libérés en moins de 24 heures grâce à une intervention du GIGN ; sept suspects ont été interpellés, dont six placés en détention provisoire. Des opérations similaires ont également abouti à de multiples arrestations en Haute-Savoie, dans l’Ain et en Haute-Garonne. Ces résultats montrent que, malgré la forte hausse du phénomène, les forces de l’ordre et la justice réagissent de plus en plus vite et efficacement face à cette nouvelle forme de criminalité organisée. Face à cette menace, Jean-Didier Berger, ministre délégué au ministre de l’Intérieur, a annoncé lors de la Paris Blockchain Week 2026 que des mesures préventives sont en train d’être mises en place pour protéger les investisseurs en cryptomonnaies.
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