Crypto Digest du 18/11/2025 : Bitcoin chute institutions contrôlent 14 % de l’offre
11/18/2025Crypto Digest du 18/11/2025 : Bitcoin chute institutions contrôlent 14 % de l’offre
Les cryptomonnaies en plein 2025 : Baisse de marché, adoption institutionnelle, régulation, et une brève panne de Cloudflare
À l’aube de l’automne, le Bitcoin continue de vaciller sous la barre des 100 000 $ – un rappel brutal que la crypto est loin de se stabiliser. Pourtant, cette correction ne freine pas l’avancée des acteurs majeurs : un bloc de 14 % de l’offre totale est désormais détenu par des entreprises et des sociétés publiques/privées, ce qui soulève des interrogations sur la vraie décentralisation du réseau, un point que Willy Woo compare à la « nationalisation » de l’or dans les années 70.
Dans le même temps, les États-Unis voient leur première banque nationale, SoFi, franchir le pas en lançant un service de trading crypto pour particuliers, à la suite de la décision de l’OCC qui ouvre la porte à la garde d’actifs numériques dans les banques traditionnelles. De l’autre côté de l’Atlantique, la Singapore Exchange introduit des contrats à terme perpétuels sur BTC et ETH, réservés aux investisseurs accrédités, tandis que l’IRS autorise les fonds négociés en bourse à staker et redistribuer les récompenses, simplifiant la fiscalité pour les investisseurs.
Hong Kong ne reste pas à l’écart : ses bonds blockchain de 10 bn $HKM ont été survendus, attirant un large éventail d’institutions et renforçant la crédibilité des actifs numériques dans la région.
Pendant ce tourbillon d’innovations, un incident de Cloudflare a temporairement bloqué l’accès à de nombreux sites crypto et réseaux sociaux, rappelant l’importance cruciale de la résilience des infrastructures.
Parallèlement, GK8 dévoile que le vol de clés privées est devenu une industrie organisée, et Pi Network expérimente un réseau de « crowd computer » pour l’IA, où les nœuds personnels exécutent des tâches d’apprentissage automatique, offrant un nouveau modèle de calcul décentralisé.
Chaque pièce de ce puzzle révèle une crypto‑économie en mutation, entre centralisation, réglementation, innovation et vulnérabilités. Prêt à plonger plus en détail dans ces développements qui façonneront l’avenir de l’univers numérique ?
Les institutions se tournent vers la crypto malgré la chute du prix du Bitcoin
Les marchés cryptographiques restent en territoire baissier, le Bitcoin (BTC) tombant sous le seuil des 100 000 $. Malgré cette correction, les acteurs institutionnels intensifient leur adoption des actifs numériques. Selon les données publiées, les entreprises qui offrent des produits liés au BTC ainsi que les sociétés publiques et privées détenant du BTC dans leurs bilans, contrôlent désormais 14 % de la totalité de l’offre de 21 millions de pièces. Cette concentration, qui exclut les holdings importantes de sociétés minières, d’Él Salvador et de protocoles DeFi, soulève des interrogations quant à la décentralisation, un point que l’analyste crypto Willy Woo compare à la « nationalisation » de l’or dans les années 1970. Nicolai Søndergaard, analyste chez Nansen, toutefois rappelle que la centralisation de la garde ne modifie pas les propriétés fondamentales du réseau.
Aux États-Unis, SoFi, la première banque à obtenir une licence nationale, a annoncé le 11 novembre la mise en place d’un service de trading crypto destiné aux clients de détail. Le directeur général Anthony Noto a souligné que la banque se sentait désormais à l’aise pour offrir ces services après la décision du Bureau du Contrôleur des devises des États‑Unis (OCC) de 2023 qui a précisé que la garde d’actifs numériques et certaines activités de stablecoins étaient permises aux banques nationales et aux associations d’épargne fédérales. Cette évolution fait partie d’une stratégie plus large d’extension des produits liés aux cryptomonnaies.
Le 17 novembre, la division dérivés de la Singapore Exchange a annoncé le lancement de contrats à terme perpétuels sur BTC et Ether, qui seront accessibles uniquement aux investisseurs accrédités et expérimentés. Le lancement, prévu le 24 novembre, sera supervisé par l’Autorité monétaire de Singapour (MAS). Il s’agit du deuxième lancement de ce type de produit à Singapour, le premier étant celui d’EDXM International en juillet, qui avait introduit 44 produits de négociation, dont les contrats perpétuels, très populaires en raison de l’absence de date d’échéance et de l’utilisation possible de levier élevé.
Dans le même temps, l’Internal Revenue Service a approuvé des règles permettant aux fonds négociés en bourse (ETP) de staker des actifs numériques et de redistribuer les récompenses aux investisseurs. Selon Roger Wise de Willkie Farr & Gallagher, la qualification de « grantor trust » facilite la déclaration fiscale pour ces ETP. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé le 10 novembre que cette mesure renforcerait l’innovation et améliorerait la compétitivité des États‑Unis dans l’industrie crypto, en offrant aux investisseurs particuliers un véhicule de reporting simplifié, comparable à celui des ETF ou des fonds communs de placement.
À Hong Kong, le gouvernement a lancé la troisième émission de « bonds blockchain » le 11 novembre, portant un montant de 10 milliards de dollars hongkongais (environ 1,28 milliard de dollars US). Les obligations, libellées en dollars hongkongais, renminbi, dollars US et euros, ont été bien accueillies par un large éventail d’investisseurs institutionnels, y compris des gestionnaires d’actifs, des banques, des compagnies d’assurance et des banques privées. La Hong Kong Monetary Authority a souligné que la demande de souscription avait dépassé largement les attentes, attirant également un nombre considérable d’investisseurs nouveaux dans les obligations numériques.
En dépit d’un climat de marché difficile, ces développements montrent que les institutions continuent d’élargir leur présence dans l’écosystème des cryptomonnaies, en introduisant de nouveaux produits financiers, en sécurisant la garde et la régulation, et en explorant des mécanismes d’incitation tels que le staking. La convergence entre les marchés financiers traditionnels et les actifs numériques se poursuit, même si la concentration de la supply du BTC et la centralisation de la garde restent des points de vigilance pour les observateurs de la décentralisation.
Panne de Cloudflare touche plusieurs sites crypto et chaînes de médias sociaux
Cloudflare, la société qui fournit des services réseau à un large éventail de sites web et de plateformes en ligne, a signalé une panne majeure qui a bloqué l’accès aux interfaces frontales de nombreux sites de cryptomonnaies ainsi que les communications via les réseaux sociaux. Dans une mise à jour publiée mardi à 11h48 UTC, l’entreprise a indiqué qu’elle avait détecté une “dégradation interne du service” et qu’un correctif avait déjà été appliqué.
Dans son communiqué, Cloudflare a affirmé que l’incident était désormais résolu et qu’elle continuait de surveiller les erreurs afin de garantir que tous les services soient pleinement rétablis. Aucun détail technique n’a été fourni, mais l’annonce a mis en évidence l’importance de la surveillance continue pour les infrastructures critiques.
La perturbation a touché un large éventail de sites de cryptomonnaies. Parmi ceux qui ont signalé des problèmes d’accès, on compte X, Truth Social, Coinbase, Blockchain.com, Ledger, BitMEX, Toncoin, Arbiscan, et DefiLlama. Kraken a été l’un des premiers à déclarer qu’un “correctif” avait été mis en place et que l’accès semblait rétabli pour ses utilisateurs.
Certaines plateformes sociales n’ont pas été affectées par l’incident. BlueSky, Reddit ont continué à fonctionner normalement, indiquant que l’impact de la panne était spécifique à certains services cloud. L’étendue de la panne semble donc avoir été limitée aux sites ayant une forte dépendance à Cloudflare pour la distribution de contenu et la sécurisation des frontends.
Cloudflare a souligné que la situation était encore en évolution et qu’elle mettrait à jour ses utilisateurs dès que de nouvelles informations seraient disponibles. La société n’a pas fourni d’estimation du temps nécessaire pour un retour complet à la normale, mais a indiqué que la surveillance des erreurs se poursuivrait pour assurer la stabilité des services.
Le vol de clés privées crypto est désormais un gros business voici ce qu’il faut savoir
Un rapport publié lundi par GK8, la société de garde de crypto-monnaies appartenant à Mike Novogratz et à Galaxy Digital, décrit l’évolution du vol de clés privées en une activité commerciale organisée. Selon GK8, la récupération de phrases‑mnémoniques (seed phrases) s’est transformée en un processus industrialisé, où des outils de marché noir tels que des infostealers et des finders de seed phrases sont utilisés pour localiser et exfiltrer rapidement les clés privées des utilisateurs, leur donnant un contrôle total sur leurs actifs.
Le rapport identifie plusieurs étapes du vol. Il commence par l’infection d’un appareil via malware, principalement des infostealers conçus pour récupérer de manière furtive des données sur la machine. Les données volées sont ensuite injectées dans des applications automatisées capables de reconstruire les phrases mnémoniques et les clés privées. Une fois les portefeuilles identifiés, les attaquants évaluent les mesures de sécurité pour déterminer la meilleure façon de vider les fonds. GK8 note que ces applications de parsing mnémotechnique hautement précises se vendent sur les forums du darknet pour plusieurs centaines de dollars.
GK8 souligne que les utilisateurs, notamment ceux qui possèdent des appareils macOS, ne sont pas à l’abri. L’agence de renseignement sur les menaces cybercriminelles Kela a indiqué que les infostealers ciblant macOS ont connu une hausse ces dernières années, avec une activité qui, selon elle, atteint son pic en 2025. Les attaquants exploitent souvent le social engineering – installateurs frauduleux, publicités empoisonnées ou campagnes de phishing – pour introduire le malware sur la cible.
Pour se protéger, GK8 recommande une approche combinée. Les utilisateurs doivent supposer que leurs données locales sont compromises, éviter de stocker numériquement leurs phrases mnémoniques, utiliser un processus d’approbation multipersonne pour les transactions et se fier à des solutions de garde sécurisées. Il insiste sur l’importance d’une combinaison équilibrée entre stockage chaud, froid et un coffre‑fort impenetrable afin de limiter la valeur exposée à un drain immédiat.
Kela, quant à elle, rappelle aux utilisateurs de rester vigilants face aux pièces jointes et aux liens suspects, d’éviter les logiciels provenant de sources non fiables et de résister aux escroqueries qui exploitent la réputation de sécurité de macOS. L’agence conseille également l’utilisation de mots‑de‑passe robustes et uniques pour les applications financières, l’activation de l’authentification à facteurs multiples et la mise à jour régulière de macOS ainsi que de toutes les applications afin de réduire les risques d’exploitation par des malwares.
Comment les 50 millions de noeuds du réseau Pi pourraient transformer l’avenir de l’IA décentralisée
Pi Network a commencé comme une application de minage mobile avant de s’étendre jusqu’à devenir l’une des plus grandes communautés crypto de détail, avec des dizaines de millions de « Pioneers » enregistrés. Derrière la couche mobile se trouve un réseau de nœuds « Pi », exécutés sur des ordinateurs de bureau et des ordinateurs portables, qui constitue la base technique du projet. Chaque appareil individuel est faible, mais l’ensemble constitue un réseau distribué qui peut être comparé à un gride de calcul plutôt qu’à une simple communauté de cryptomonnaies.
Dans le cadre de ses premières expériences d’intelligence artificielle, Pi a collaboré avec la startup OpenMind. En octobre 2025, Pi Network Ventures a investi dans OpenMind et a lancé un essai technique. Les opérateurs de nœuds Pi ont exécuté des modèles d’IA, notamment des tâches de reconnaissance d’images, sur leurs machines. Selon les rapports internes, environ 350 000 nœuds actifs ont participé et ont fourni des performances stables. Ce pilote montre que l’infrastructure de consensus de Pi peut également héberger des charges de travail d’IA tierces.
Si Pi parvient à dépasser le stade pilote, la plateforme pourrait déplacer une partie du tas d’IA des centres de données vers un « crowd computer » composé d’appareils ordinaires. Les nœuds Pi deviendraient alors des micro‑centres de données, et les développeurs d’IA pourraient déployer des tâches d’inférence, de pré‑traitement ou de petits entraînements fédérés sur des fractions de la population de nœuds. Les conséquences seraient multiples : élargissement de l’accès au calcul pour les équipes d’IA, utilité accrue du token PI comme moyen de paiement ou de réputation, et création d’une place de marché qui relierait Web3 et les constructeurs d’IA via des API d’infrastructure.
Pour que ce modèle fonctionne, plusieurs obstacles techniques et réglementaires doivent être surmontés. La fiabilité est un premier défi : les ordinateurs personnels sont sujets aux coupures, aux surchauffes et aux défaillances réseau, ce qui oblige les planificateurs à anticiper un taux de churn élevé. La vérification est également critique : le réseau doit confirmer que les nœuds ont exécuté le bon modèle avec les bons poids, sans altération, en utilisant des audits aléatoires, des preuves à connaissance nulle ou des systèmes de réputation, ce qui ajoute des frais d’exploitation. La sécurité et la confidentialité constituent d’autres barrières, surtout dans les secteurs réglementés qui exigent un confinement strict des données et des modèles. Enfin, l’adoption par les équipes d’IA nécessite des garanties d’SLAs, de surveillance, de journalisation et de réponse aux incidents, ainsi que la conformité avec la régulation potentielle des tokens utilitaires.
Dans l’écosystème déjà saturé de réseaux décentralisés d’IA, Pi se démarque par son approche « user‑first » plutôt que « infrastructure‑first ». Contrairement à d’autres projets qui louent du GPU et du CPU dans des rigs professionnels, Pi mise sur des ordinateurs de bureau, des laptops et des téléphones haut de gamme dispersés à l’échelle mondiale, ce qui limite la puissance brute disponible mais offre un avantage pour les inférences à faible latence. De plus, la marque Pi bénéficie d’une reconnaissance déjà établie parmi les utilisateurs de détail, ce qui lui confère un avantage de portée que peu de projets concurrents possèdent. Si Pi parvient à convaincre les développeurs d’IA de faire confiance à son réseau, il pourrait devenir l’interface utilisateur dominante d’une couche décentralisée d’IA, tout en laissant les tâches les plus lourdes à des plateformes spécialisées.
En somme, l’expérience de Pi illustre une transition technologique plus large vers la décentralisation de l’intelligence artificielle et de la création de valeur. Bien que l’issue de son projet « crowd computer » reste incertaine, un succès partiel représenterait l’un des premiers tests à grande échelle de la migration de l’IA hors des nuages centralisés vers un réseau mondial d’appareils quotidiens.
Conclusion
Points clés à retenir
- Marchés en territoire baissier : le BTC a franchi le seuil des 100 k $, mais la concentration de l’offre (≈ 14 % détenu par des entités institutionnelles) soulève des interrogations sur la décentralisation, rappelée par Willy Woo comme la « nationalisation » de l’or.
- Institutionnalisation croissante : SoFi lance son service de trading crypto pour les particuliers, les ETP peuvent désormais staker et redistribuer les récompenses via le cadre « grantor trust », et Hong Kong réussit son troisième tour de « bond blockchain » à 10 bn HKD, attirant une large base d’investisseurs institutionnels.
- Régulation et garde : les directives de l’OCC et du MAS ouvrent la voie à des contrats à terme perpétuels (pour investisseurs accrédités) et à une garde réglementée des actifs numériques, tout en renforçant la surveillance des infrastructures critiques, comme l’incident majeur de Cloudflare qui a temporairement paralysé de nombreux sites crypto.
- Sécurité des clés : GK8 met en évidence l’émergence d’une chaîne d’exploitation organisée pour le vol de seed phrases, soulignant l’importance d’une stratégie multi‑facettes (stockage froid, approbation multi‑personne, garde sécurisée).
- Nouveaux horizons technologiques : Pi Network pilote l’exécution de modèles d’IA sur son réseau de nœuds distribués, jetant les bases d’une “crowd computer” qui pourrait décentraliser la puissance de calcul d’IA, bien que des défis de fiabilité, d’intégrité et de conformité restent à relever.
Perspective
Alors que les institutions renforcent leur présence et que la régulation se solidifie, l’écosystème crypto se trouve à la croisée des chemins : opportunité de convergence avec les marchés traditionnels, mais aussi nécessité de veiller à la décentralisation, à la sécurité des clés et à la résilience des infrastructures. L’avenir des actifs numériques sera déterminé par la capacité de ces acteurs à concilier innovation, gouvernance robuste et confiance des utilisateurs.


