Royaume-Uni : Andy Burnham, un Premier ministre « convaincu » par la crypto aux portes de Downing Street
07/20/2026Downing Street change de locataire. Usé par des sondages en berne et une fronde interne au Labour, Keir Starmer a annoncé sa démission, et le grand favori pour lui succéder s’appelle Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester et l’un des rares poids lourds travaillistes à afficher ouvertement sa sympathie pour les cryptomonnaies. Après des mois de crispation entre l’exécutif britannique et l’industrie des actifs numériques, cette dernière se surprend à espérer.
Points clés
- Keir Starmer quitte Downing Street et Andy Burnham, ex-maire du Grand Manchester, fait figure de grand favori pour lui succéder.
- Burnham veut faire de Manchester une place forte du Web3 et s’est dit « convaincu » devant une centaine de fondateurs crypto.
- Le guichet d’autorisation de la FCA ouvre le 30 septembre, avant l’entrée en vigueur complète du régime crypto britannique en octobre 2027.
- L’industrie mise sur la continuité mais redoute un remaniement qui écarterait les ministres au fait du nouveau cadre réglementaire.
Manchester, berceau de la révolution… Web3
Andy Burnham n’est pas un converti de la dernière heure. En 2024, alors maire du Grand Manchester, il prend la parole lors d’un événement organisé par la Manchester Blockchain Alliance et Stand With Crypto, le groupe de pression soutenu par Coinbase. Devant une centaine de fondateurs de projets Web3, il déroule neuf minutes d’un discours enthousiaste, lâche un « je suis convaincu » (« I’m bought in ») resté dans les mémoires et promet de faire de sa ville une place forte mondiale du Web3.
« Manchester a été le berceau de la révolution industrielle. Faisons-en le berceau de la révolution Web3. »
Andy Burnham, alors maire du Grand Manchester, devant des fondateurs Web3 réunis par Stand With Crypto
L’élu, qui admet volontiers des connaissances techniques limitées, y voit d’abord un levier d’emplois et de croissance pour les jeunes de sa région. Il ira jusqu’à affirmer que « le Web3 pourrait être la démocratisation de tout cela », en mariant progrès économique et progrès social. Un enthousiasme rare chez un dirigeant travailliste de premier plan.

Une rupture de ton après la douche froide de l’ère Starmer
Côté gouvernement sortant, l’ambiance était toute autre. En mars, l’exécutif de Keir Starmer imposait un moratoire sur les dons en cryptomonnaies aux partis politiques, dans la foulée de la Rycroft Review, un rapport indépendant qui redoutait que l’anonymat de certaines transactions ne facilite des ingérences étrangères dans la vie démocratique. Précaution légitime pour les uns, signal de défiance pour les autres : les entrepreneurs britanniques du Web3 l’avaient vécu comme un coup de frein de plus.
La page se tourne désormais à grande vitesse. Starmer souhaite l’ouverture des candidatures à sa succession dès le 9 juillet, au lendemain d’un sommet de l’OTAN. Burnham, redevenu député de Makerfield après ses années de mairie, écrase les pronostics. Il n’a certes présenté aucun programme national détaillé sur les actifs numériques, mais son bilan mancunien suffit à nourrir l’optimisme des acteurs du marché.
Un calendrier réglementaire à préserver coûte que coûte
Le dossier crypto atterrira sur un bureau déjà bien rangé. Fin juin, la FCA (Financial Conduct Authority, le gendarme financier britannique) a publié ses règles définitives pour les entreprises du marché, achevant ainsi sa feuille de route. Le guichet d’autorisation ouvrira le 30 septembre, avant une entrée en vigueur complète du régime le 25 octobre 2027. La Banque d’Angleterre et la FCA ont même détaillé une approche commune pour encadrer les émetteurs de stablecoins d’importance systémique.
« S’il devient le prochain Premier ministre, il est peu probable que sa position change. »
Nick Jones, fondateur et CEO de la plateforme britannique d’actifs numériques Zumo
Nick Jones anticipe la poursuite d’une politique axée sur la croissance, tout en pointant un risque bien concret : un remaniement qui écarterait les ministres familiers du nouveau régime, au moment précis où régulateur et entreprises préparent les demandes d’autorisation. Le premier verdict tombera donc le 30 septembre : si le guichet de la FCA ouvre à l’heure, quelques semaines à peine après l’installation probable de Burnham au 10 Downing Street, l’industrie aura obtenu la continuité qu’elle réclamait, avec en prime un Premier ministre qui parle enfin sa langue.
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