Agents IA : 138 millions de paiements x402 sur Base en un an selon Chainalysis
10/17/2026Des robots qui paient des robots. Les agents d’intelligence artificielle ont réglé plus de 138 millions de transactions via le protocole x402 sur Base au troisième trimestre 2026. Un an plus tôt, le compteur affichait 58 800. Chainalysis publie ces chiffres dans le volet nord-américain de son rapport annuel sur l’adoption crypto. Le même cabinet avait compté 100 millions de paiements en juin.
Et le gros de la facture est américain. Sur les paiements d’inférence que Chainalysis parvient à géolocaliser, 88,1 % partent de wallets états-uniens.
- Les agents d’intelligence artificielle ont effectué plus de 138 millions de transactions via le protocole x402 sur Base au troisième trimestre 2026, marquant une envolée par rapport aux chiffres de l’année précédente.
- Les États-Unis dominent les paiements pour l’inférence de modèles d’IA, tandis que la Chine se concentre sur l’audit de code, illustrant un nationalisme de l’IA dans la répartition des transactions géolocalisées.
Des paiements x402 à un centime que les cartes bancaires ne savent pas traiter
Petit rappel pour ceux qui ont raté le début. Le protocole x402, lancé par Coinbase en mai 2025, recycle le code HTTP 402 « Payment Required » resté inutilisé depuis les années 1990. Un agent appelle une API et le serveur répond « payez d’abord ». L’agent envoie alors quelques centimes en USDC sur Base et obtient sa réponse. Pas besoin de compte ni d’abonnement.
Les montants expliquent pourquoi la crypto a pris cette place. Plus de 87 % des paiements se situent entre un centième de centime et dix centimes. La tranche la plus fréquente va de un à dix centimes. « Des transactions de moins d’un dollar n’ont aucun sens économique pour un réseau de cartes de crédit », écrit Chainalysis dans son rapport. Un stablecoin qui se règle pour moins d’un centime, si.
Le comportement des wallets a aussi changé en un an. Fin 2025, il s’écoulait 73 jours en médiane entre le premier dépôt sur un wallet d’agent et sa première dépense. Ce délai est tombé à 18 minutes au troisième trimestre 2026. Deux tiers des wallets dépensent désormais dans l’heure qui suit leur alimentation, contre 4 % un an plus tôt. Et 89,3 % sont rechargés dans les 30 jours. Ce qu’ils achètent, ce sont d’autres agents : inférence de modèles, catalogues d’outils, API de données et de recherche, audit de code. « Les robots achètent du savoir généré par IA sur la blockchain », résume le rapport.
Les agents IA américains paient pour les modèles et les chinois pour l’audit de code
Les États-Unis pèsent 30 % de l’ensemble des transactions agent-vers-service géolocalisées par Chainalysis. Aucun autre pays ne fait mieux. Mais la répartition par catégorie est bien plus parlante. Les wallets américains règlent 88,1 % de l’inférence de modèles d’IA, 41,8 % des paiements aux frameworks d’agents et catalogues d’outils, et 23,2 % des achats de données et d’API de recherche. Autrement dit, le cerveau, les mains et la matière première d’un logiciel agentique sont surtout payés depuis les États-Unis.
La Chine joue une partition inverse. Neuf transactions sur dix dans la catégorie « sécurité et analyse de code » proviennent de wallets liés à la Chine. Presque toutes vont vers AgentLISA, un service qui audite des smart contracts Solidity avec un modèle de langage. Les wallets chinois pèsent aussi 46,7 % du renseignement financier et 35 % des rails de paiement, mais 0,1 % de l’inférence. L’explication avancée par Chainalysis tient en deux mots : nationalisme de l’IA. DeepSeek et Qwen sont gratuits en poids ouverts, ChatGPT et Claude se facturent à la requête. Le marché visible de l’intelligence achetée par des machines se concentre donc là où elle coûte quelque chose.

Un bémol sur la géolocalisation des agents IA
Ces parts ne portent que sur les transactions géolocalisables. Et Chainalysis ne précise pas quelle fraction du total elles représentent. Hoolie Tejwani, qui dirige Coinbase Ventures, parle d’une « maturation de l’industrie » où « chaque agent devient un nouvel utilisateur de la blockchain ». Circle, émetteur de l’USDC, décrit pour sa part un partage des rôles. Aux cartes les achats déclenchés par un humain, aux stablecoins les règlements de machine à machine trop petits pour l’économie des cartes.
Le rapport pose aussi la question qui fâche les régulateurs. Des paiements trop rapides, trop petits et trop nombreux ne peuvent pas servir de point de contrôle, écrit Chainalysis. La responsabilité doit donc remonter à celui qui a déployé et financé l’agent, pas à l’agent lui-même. Cloudflare a déjà tiré la conclusion commerciale. Le groupe a ouvert en août des wallets dédiés aux agents avec un plafond fixé par le propriétaire. Circle affichait 73,3 milliards de dollars d’USDC en circulation fin septembre, en hausse de 19 % sur un an. Le volume onchain a atteint 14,8 billions de dollars sur le seul trimestre.
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