Arthur Hayes : La dette de l’IA pourrait faire chuter puis rebondir Bitcoin

Arthur Hayes : La dette de l’IA pourrait faire chuter puis rebondir Bitcoin

09/26/2026 0 Par cryptolounge

Une crise de la dette liée à l’IA pourrait-elle finir par profiter au bitcoin ? Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, estime que le discours « Safety First » adopté par plusieurs acteurs du secteur masque aussi des interrogations sur la demande pour leurs services. Il décrit un enchaînement possible : ralentissement des dépenses, dégradation des financements de centres de données, intervention publique puis retour des liquidités vers les actifs risqués. Cette lecture reste toutefois une hypothèse personnelle, et non une prévision établie. Mais on a l’habitude avec M. Hayes.

Points clés

  • Arthur Hayes soupçonne les entreprises d’IA d’utiliser la sécurité pour justifier un éventuel ralentissement de leurs investissements.
  • Il évoque plus de 1 000 milliards de dollars de dette de bonne qualité exposée, sans publier de calcul détaillé.
  • Oracle, Meta et TeraWulf illustrent le recours croissant à la dette pour financer les centres de données.
  • Selon lui, une crise du crédit ferait d’abord baisser le bitcoin avant de provoquer une intervention monétaire susceptible de le soutenir.
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Derrière le « Safety First », Arthur Hayes soupçonne un ralentissement de l’IA

Les préoccupations exprimées autour de la sécurité de l’intelligence artificielle sont bien réelles. Plusieurs dirigeants du secteur ont récemment appelé à ralentir certaines recherches ou à renforcer les contrôles. Rien ne permet cependant d’établir que ces annonces servent principalement à dissimuler une baisse de la demande. Il s’agit ici de l’interprétation d’Arthur Hayes.

Son raisonnement s’appuie sur l’écart entre les investissements engagés et les revenus générés. Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta ont consacré environ 380 milliards de dollars à leurs dépenses d’investissement en 2025. Une large partie concernait les centres de données et l’IA, mais cette somme ne correspond pas entièrement à des dépenses liées à l’intelligence artificielle.

Il cite également une étude du projet NANDA du MIT, selon laquelle environ 95 % des pilotes d’IA générative étudiés ne produisaient pas encore d’effet mesurable sur les résultats financiers. Ce chiffre ne signifie pas que 95 % des projets ont définitivement échoué : les chercheurs soulignent surtout des problèmes d’intégration, d’organisation et d’adaptation aux entreprises.

Enfin, les sceptiques surveillent les accords conclus entre fournisseurs de capitaux et vendeurs de puces. Nvidia a annoncé son intention d’investir progressivement jusqu’à 100 milliards de dollars dans OpenAI, en fonction du déploiement de nouvelles infrastructures utilisant ses propres systèmes. L’opération alimente les critiques sur le caractère circulaire de certains financements, sans constituer pour autant une preuve de manipulation des commandes.

Arthur Hayes a l’habitude de publier ses analyses économiques sur Substrack – Source : Compte X

La dette des centres de données concentre les inquiétudes

Le besoin de financement constitue en effet un risque plus concret. Morgan Stanley estimait dès 2025 que le développement mondial des infrastructures d’IA pourrait laisser un déficit de financement extérieur proche de 1 500 milliards de dollars d’ici 2028. Les émissions mondiales de dette liées à l’IA pourraient, quant à elles, approcher 570 milliards de dollars sur la seule année 2026.

Plusieurs opérations illustrent cette évolution. Oracle a placé 18 milliards de dollars d’obligations en 2025. Cette émission ne doit pas être confondue avec les quelque 18 milliards de dollars de prêts liés au projet de centre de données Jupiter, dont certains se négocient désormais avec une décote.

Meta a, de son côté, créé une coentreprise avec Blue Owl pour financer le campus Hyperion en Louisiane. La dette se trouve principalement dans une structure non consolidée, mais Meta publie l’existence de cet accord et conserve des engagements économiques. Parler d’une dette totalement cachée hors bilan parait donc excessif.

TeraWulf, issu du minage de bitcoins et désormais très engagé dans l’hébergement informatique, a également placé plus de 3 milliards de dollars de dette garantie pour financer ses infrastructures. L’entreprise conserve toutefois une activité minière : elle se diversifie vers l’IA plutôt qu’elle ne l’a entièrement abandonnée.

Arthur Hayes place surtout les assureurs et leurs filiales de réassurance au centre de son scénario. Il reprend une estimation de 1 540 milliards de dollars de réassurance entre entités affiliées. Ce montant ne représente cependant ni une exposition directe à l’IA ni une perte potentielle : il mesure un ensemble beaucoup plus large de transferts de risques au sein du secteur de l’assurance.

Bitcoin : Une baisse initiale avant un éventuel retour des liquidités

Dans le scénario de Mister Hayes, une dégradation de la dette liée à l’IA provoquerait d’abord une baisse des marchés. Le bitcoin reculerait avec les actions technologiques et les autres actifs risqués, tandis que les entreprises combinant minage, centres de données et endettement subiraient une pression particulière.

Une intervention de la Réserve fédérale ou du Trésor pourrait ensuite modifier la situation. Notre expert du jour s’appuie sur mars 2020, lorsque le bitcoin avait fortement chuté avant de profiter des achats d’actifs de la Fed, ainsi que sur la crise bancaire de mars 2023. Le programme BTFP (Bank Term Funding Program) lancé après la faillite de Silicon Valley Bank constituait toutefois un mécanisme de prêt contre-garanties, et non un programme classique d’assouplissement quantitatif.

La seconde partie du raisonnement demeure donc conditionnelle. Une crise de la dette consacrée à l’IA ne garantit ni un sauvetage public ni une hausse durable du bitcoin. Elle provoquerait probablement d’abord une réduction générale du risque, avant que la nature et l’ampleur d’une éventuelle réponse américaine ne déterminent la réaction des cryptomonnaies. Arthur Hayes possède par ailleurs des intérêts dans des projets associant IA et blockchain, un élément à prendre en compte dans la lecture de ses thèses très souvent ultra bullish pour Bitcoin.

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