Bitcoin : BitMEX poursuivi au Royaume-Uni, 27 millions de dollars réclamés

Bitcoin : BitMEX poursuivi au Royaume-Uni, 27 millions de dollars réclamés

10/14/2026 0 Par cryptolounge

Addition tardive pour un exchange déjà enterré. Fin septembre, la plateforme d’échange BitMEX annonçait sa fermeture. L’ingénieur logiciel britannique Lewis Barber réclame désormais devant la justice anglaise la restitution de 324,8 bitcoins à HDR Global Trading, l’opérateur de BitMEX. La somme pesait 20,4 millions de livres au 1er octobre (environ 27,2 millions de dollars).

Son argument repose sur un point unique. BitMEX n’a jamais obtenu l’agrément de la Financial Conduct Authority (FCA) pour proposer des produits dérivés à des résidents britanniques, et le droit anglais prévoit une sanction civile très concrète pour ce manquement.

Points clés

  • Lewis Barber exige d’HDR Global Trading le remboursement de 324,8 BTC, évalués à 20,4 millions de livres
  • Le recours s’appuie sur le défaut d’autorisation de l’exchange auprès du régulateur britannique entre 2018 et 2022
  • Seules les opérations déficitaires sont attaquées, soit 1 053 contrats sur près de 2 300
  • D’autres anciens clients britanniques sont invités à se manifester, pour une exposition chiffrée en centaines de millions

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BitMEX, les perpetual swaps et une loi britannique de 2000

Ce défaut d’agrément supposé porte sur quatre années de trading. Lewis Barber a passé environ 2 294 ordres sur BitMEX entre 2018 et 2022 depuis cinq comptes distincts. Seules les 1 053 positions perdantes sont contestées.

Toutes ces opérations portaient sur des perpetual swaps, ces contrats à terme sans date d’échéance que BitMEX a lancés en 2016 et qui dominent depuis le trading de dérivés crypto. Un taux de financement versé périodiquement entre acheteurs et vendeurs maintient le prix du contrat arrimé à celui du sous-jacent. L’effet de levier pouvait y grimper jusqu’à 100 fois la mise.

L’argument central du plaignant repose sur le Financial Services and Markets Act 2000, loi-cadre de la régulation financière britannique. Ses articles 26 et 27 (dont on rappellera qu’ils valent pour toute activité financière réglementée, crypto ou non) rendent inopposable au client tout contrat conclu par une entité dépourvue d’agrément et ouvrent à ce client un droit à la restitution des sommes versées, assorti d’une compensation.

Concrètement, Lewis Barber peut faire annuler rétroactivement ses positions déficitaires, récupérer sa mise et conserver les gains des 1 241 autres opérations. Le mécanisme protège tout client britannique ayant traité avec un prestataire non autorisé, quelle que soit la nature du produit vendu.

Le recours comporte aussi un volet pour deceit, l’équivalent anglais du dol. La plainte affirme que BitMEX savait ne pas disposer de l’agrément britannique tout en laissant entendre qu’il pouvait légalement traiter avec un résident du pays. Les avocats du plaignant ont notifié la résiliation de l’ensemble des contrats en décembre 2025.

Le cadre s’est encore durci en cours de route. La FCA interdit depuis le 6 janvier 2021 la vente de dérivés crypto et d’ETN adossés à des cryptoactifs aux particuliers britanniques. Une partie des ordres visés par la plainte sont postérieurs à cette interdiction.

Crypto : BitMEX a fermé boutique, les procédures s’accumulent

Pour l’heure, la plainte a été déposée mais pas encore signifiée à l’exchange. Un porte-parole de BitMEX a répondu au Guardian par une ligne défensive minimale.

« Aucune plainte de ce type n’a été signifiée à HDR Global Trading Limited. »

Un porte-parole de BitMEX, cité par The Guardian

La plateforme a cessé toute activité le 23 septembre, deux mois après avoir annoncé sa fermeture. On s’amusera (si l’on peut dire) du calendrier retenu par le plaignant, qui dépose son recours quelques semaines à peine après l’extinction des serveurs.

Les ennuis judiciaires de BitMEX ne datent pas d’hier. Ben Delo, Arthur Hayes et Samuel Reed ont plaidé coupable en 2022 pour violation du Bank Secrecy Act, la loi américaine anti-blanchiment. Les contrôles d’identité de la plateforme étaient alors inexistants. Donald Trump les a graciés en mars 2025. La société a elle-même plaidé coupable en 2024 et s’est vu infliger 100 millions de dollars d’amende en janvier 2025.

À New York, une action collective en cours d’examen vise HDR Global Trading pour vol de bitcoins et délit d’initié. Elle met nommément en cause les trois cofondateurs.

Ben Delo a depuis réinvesti ailleurs. Le cofondateur a versé 36 millions de livres à Reform UK en septembre, le plus gros don individuel de l’histoire politique britannique.

Le dossier britannique a peu de chances de rester isolé. Seladore Legal estime que de nombreux autres investisseurs se trouvent dans une situation comparable à celle de Lewis Barber, pour un total cumulé chiffré à plusieurs centaines de millions de livres.

« D’autres personnes basées au Royaume-Uni ont pu conclure des contrats similaires avec BitMEX, même si l’existence d’une action pour chacune dépendra des faits particuliers et de l’historique de trading. »

Gareth Keillor, associé du cabinet Seladore Legal

Le total évoqué par le cabinet londonien représenterait plusieurs fois les 100 millions de dollars d’amende que BitMEX a réglés aux autorités américaines en janvier 2025. Seladore Legal invite désormais les anciens clients britanniques de la plateforme à se manifester.

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