Chat Control prolongé : Le Parlement européen valide la surveillance jusqu’en 2028
07/09/2026Souriez, vous êtes filmés. Le Parlement européen a validé la prolongation du dispositif temporaire Chat Control 1.0 aujourd’hui (le 9 juillet), reconduisant jusqu’en 2028 la dérogation aux règles de protection de la vie privée. Adopté initialement en 2021, ce texte permet aux plateformes numériques d’analyser volontairement les correspondances privées non chiffrées de bout en bout afin d’identifier les contenus liés aux abus sexuels sur les enfants. Le vote s’est déroulé selon une procédure d’urgence en seconde lecture, ce qui exigeait une majorité absolue pour rejeter la proposition du Conseil de l’Union européenne. Les opposants au projet ont réuni 314 votes en faveur du rejet face à 276 partisans de l’extension, un score insuffisant pour atteindre le seuil de blocage de 361 voix requis.
- Le Parlement européen a validé la prolongation du dispositif Chat Control 1.0 jusqu’en 2028, permettant aux plateformes numériques d’analyser volontairement les correspondances privées pour détecter les abus sexuels sur les enfants.
- Les opposants au projet ont dénoncé une dérive vers une surveillance de masse et un risque d’affaiblissement de la sécurité des communications en ligne, soulevant des inquiétudes quant à l’utilisation indiscriminée de technologies automatisées.
Enjeux et contenu du vote d’extension
La reconduction de cette mesure transitoire vise, selon ses partisans, à éviter un vide juridique pour les fournisseurs de services en ligne, après l’expiration du précédent règlement en avril 2026. Les partisans du texte, portés par la Commission européenne et le groupe du Parti populaire européen (PPE), estiment que cette autorisation est indispensable pour protéger les mineurs.
Les services de messagerie comme Gmail, Instagram Messenger ou Snapchat conservent ainsi la possibilité d’utiliser des algorithmes et des technologies d’intelligence artificielle pour détecter les fichiers illégaux. Ces signalements volontaires soutiennent, selon eux, l’action des services de police dans l’identification des réseaux criminels.
Cette décision maintient le cadre opérationnel existant le temps que les négociations aboutissent sur une réglementation permanente, baptisée Chat Control 2.0.

Les opposants et leurs arguments sur la surveillance
Les critiques du texte, rassemblant des associations de défense des libertés civiles et plusieurs groupes politiques comme les Verts ou les Pirates, dénoncent une dérive vers une surveillance de masse. Ils rappellent que le balayage automatisé s’applique de manière indiscriminée à l’ensemble des citoyens de l’Union européenne, sans soupçon préalable ni mandat judiciaire.
Les rapports des services de police, notamment en Allemagne, soulignent le volume élevé de faux positifs, qui sature les services d’enquêtes au détriment des investigations ciblées. De plus, les experts techniques signalent que ces outils automatisés incriminent fréquemment des échanges consensuels entre adolescents (sexting).
L’incapacité à réunir une majorité absolue pour amender ou rejeter le texte laisse craindre un affaiblissement de la sécurité des communications en ligne et repousse le débat de fond sur une approche plus ciblée.
L’adoption de cette prolongation par le Parlement européen stabilise la situation réglementaire des éditeurs de logiciels pour les deux prochaines années. Le débat institutionnel se déplace désormais vers l’élaboration de la législation définitive. Les négociations entre le Conseil et les députés reprendront dès le mois de septembre afin de trouver un compromis sur les modalités de détection automatique des infractions en ligne. Perdre une partie de nos libertés fondamentales pour protéger les enfants ? Voici ce que propose l’Europe. Mais tout n’est pas aussi simple.
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