Cours du Pétrole : 5 mois de guerre en Iran effacés en 4 jours
06/25/20264 séances à la bourse. C’est ce qu’il aura fallu au pétrole pour retrouver son prix d’avant guerre. En effet, le baril de Brent de la mer du Nord a repris jeudi 25 juin le chemin inverse de celui qu’il avait emprunté depuis fin février. Il évolue désormais sous les 72,50 dollars, soit son niveau de clôture du 27 février 2026, la veille des premières frappes américaines et israéliennes sur l’Iran. En une poignée de jours, toute la hausse liée au conflit a été gommée.
- Le prix du baril de Brent a retrouvé son niveau d’avant les frappes sur l’Iran, gommant ainsi les hausses dues au conflit.
- La reprise lente du trafic dans le détroit d’Ormuz a contribué à la baisse des cours du pétrole, suscitant un effet apaisant sur les marchés.
Quatre jours pour effacer des mois de tension
Le Brent pour livraison en août a perdu plus de 1 % dans la matinée pour s’établir à 72,44 dollars, contre 72,48 dollars le 27 février dans l’après-midi. Le WTI américain, lui, efface presque intégralement ses gains et se rapproche de son niveau d’avant-guerre (autour de 67 dollars).
Le mouvement est donc spectaculaire : après avoir flirté avec les 110-120 dollars lors des phases les plus aiguës du conflit, le marché pétrolier vient de démontrer à quel point une prime de risque peut être temporaire quand les flux physiques recommencent à circuler.

Le détroit d’Ormuz se débloque doucement
La cause principale de ce reflux est connue : la reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial.
Après des semaines de prudence extrême (beaucoup de tankers restaient au mouillage ou désactivaient leur AIS), les navires recommencent à franchir le détroit de façon visible. Mercredi, la plateforme Kpler en recensait 17 passages ; la veille, ils étaient 25. Washington a par ailleurs accordé une dérogation temporaire de 60 jours qui autorise à nouveau les raffineurs américains et les acheteurs internationaux à acheter du brut iranien.
Autant d’éléments qui font fondre la peur d’une rupture d’approvisionnement durable. Comme le notent les analystes d’ING relayée par Reuters, les volumes qui transitent aujourd’hui restent toutefois encore nettement inférieurs aux niveaux d’avant le conflit, et des freins logistiques (assurances, financement des navires) persistent. Mais le signal envoyé aux marchés est clair : le risque extrême recule.
Le pétrole et le Bitcoin : deux marchés, une même leçon de vitesse
Le pétrole n’est pas le seul à avoir démontré, ces derniers jours, à quelle vitesse une prime de risque peut s’évaporer. Le Bitcoin vient de nous offrir sa propre version de l’exercice.
En effet, Alors que le Brent terminait de gommer ses gains de guerre, le Bitcoin a subi un flash crash brutal : le cours est passé de plus de 61 000 dollars à environ 58 000 dollars en très peu de temps, dans un mouvement de vente en cascade typique des marchés crypto. Ce n’était pas la première secousse de la semaine, mais elle a été particulièrement violente et rapide.
Le parallèle est intéressant.
Dans le cas du pétrole, il a fallu quatre séances pour que des mois de prime géopolitique disparaissent, une fois que les flux physiques dans le détroit d’Ormuz ont recommencé à circuler et que le marché a cru à une détente durable.
Dans le cas du Bitcoin, il suffit parfois de quelques minutes et d’un déséquilibre de liquidations pour que des mois de construction de positions s’effondrent. Les deux mouvements rappellent la même réalité : quand les anticipations changent vraiment (sur les flux physiques pour l’énergie, sur le levier et le sentiment pour le Bitcoin), les prix peuvent se réajuster avec une violence et une vitesse déconcertante.
En quelques jours, le Brent a effacé toute la prime de risque liée au conflit Iran-Israël. La reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz a fait disparaître des mois de tension. Le Bitcoin nous offre, lui aussi, une leçon de vitesse sur l’évaporation des primes de risque.
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