Du milliard à zéro : il oublie ses actions Nvidia pendant plus de 30 ans

Du milliard à zéro : il oublie ses actions Nvidia pendant plus de 30 ans

09/29/2026 0 Par cryptolounge

Eric Gullichsen a rejoint les rangs de l’entreprise NVIDIA en 1993. À cette occasion, l’entreprise lui attribue 25 000 stock-options, acquises sur une durée d’un an. Lorsqu’il quitte l’entreprise en 1996, il revend la 15 625 de ses actions et poursuit sa carrière. Jusqu’en 2024 où Gullichsen rouvre le dossier et se rend compte que 9 375 options pourraient bien lui être dues. Un pactole qui pourrait atteindre le milliard de dollars à la valorisation actuelle.

Points clés

  • Deux documents Nvidia de 1993 se contredisent : le contrat d’attribution parle d’un an ; la lettre d’invitation parle de quatre ans.
  • En avril 1996, le CFO Marcel Gani notifie 15 625 options acquises, pile 62,5%, soit dix trimestres sur seize, le calendrier à quatre ans.
  • Avec un facteur 480 issu des six splits depuis 2000, 9 375 options de 1993 correspondent à 4,5 millions d’actions actuelles. C’est un calcul de valeur papier aujourd’hui, pas une créance liquidée.
  • D’après Gullichsen, Nvidia n’a pas contesté l’authenticité du contrat, seulement le délai. C’est sa version des échanges d’avocats, pas un communiqué de l’entreprise.
  • Faute de recours, aucun juge n’a examiné le fond. Ses propres conseils jugeaient le dossier prescrit.

SwissBorg, la fintech suisse régulée pour investir dans la crypto. Créez votre compte et gagnez jusqu’à 50€ dès 100€ de transaction en entrant le code JournalDC !

<strong>Rejoindre SwissBorg</strong>
Rejoindre SwissBorg

Nvidia recrute un pionnier de la VR et signe 25 000 stock-options

En 1993, Eric Gullichsen dirige Sense8, une jeune société de réalité virtuelle, à bord du SS Vallejo, un ancien ferry amarré à Sausalito. Selon son récit partagé sur son site personnel, Curtis Priem, cofondateur de Nvidia, y emmène Jensen Huang et Chris Malachowsky pour une démo. Ce que Priem venait chercher, écrit-il, tenait dans une technique de texture mapping biquadratique rapide, utile à une première puce Nvidia alors conçue autour des surfaces courbes.

Article d’Eric Gullichsen publié sur son site personnel.

Suite à cet entretien, Eric Gullichsen a reçu une lettre d’invitation au comité consultatif technique, signée « Jen-Hsun Huang, President & CEO ». Elle annonce des options acquises « sur 4 ans ». Le contrat d’attribution n° 7, daté du 9 septembre 1993 selon les scans, dit autre chose :

« 25 % à l’issue de trois mois, puis par trimestre, de sorte que la totalité des actions sera acquise à l’expiration d’un délai d’un an à compter de la date d’attribution. »

Toutefois, ces contrats et autres lettres d’invitation présentent de nombreuses coquilles. Déjà, la lettre est adressée à « Eric Gullickson », dont le nom est écorché. De plus, le prix d’exercice y est tapé « 0,5 dollar » alors que la lettre du CFO de 1996 calcule à 0,05 dollar : 15 625 × 0,05 $ = 781,25 $. D’autres options Nvidia de 1993, visibles dans des filings plus tardifs, étaient bien à 0,05 $. Le document précise aussi qu’en cas de divergence, les dispositions juridiques annexées l’emportent. Toutefois, ces annexes ne figurent pas parmi les scans publiés. Or, dans ce type de plan, ce sont souvent elles qui fixent le calendrier réel.

Comment 9 375 bons d’achat deviennent « un milliard » sur le papier

Une stock-option n’est pas une action. C’est un bon qui donne le droit d’acheter une action plus tard, à un prix fixé d’avance. Ici, cinq centimes l’unité. Tant qu’on n’a pas payé, on n’a rien. Si on ne paie pas dans les temps, le bon disparaît.

Le 16 avril 1996, Marcel Gani, alors directeur financier de Nvidia, écrit à Gullichsen pour couper la collaboration. Sa lettre dit : 15 625 options sont débloquées, tu as 90 jours pour les acheter, ça fait 781,25 dollars. De son côté, Gullichsen envoie le chèque et, selon ses mots, « oublie complètement l’affaire ».

Pourquoi 15 625, et pas 25 000 ? Parce que Nvidia a compté comme si les bons se débloquaient sur quatre ans, soit 16 trimestres. Entre septembre 1993 et avril 1996, dix trimestres se sont écoulés. Dix seizièmes de 25 000, ça fait exactement 15 625. Ce qui suit parfaitement le calendrier de la lettre d’invitation.

Toutefois, le contrat d’attribution, lui, dit le contraire. Selon ce document, tout devait être débloqué en un an. Dans ce cas, les 25 000 bons étaient déjà à lui dès septembre 1994, un an et demi avant la lettre. L’écart, ce sont les 9 375 options non proposées qu’il avait 90 jours pour acheter, s’il en avait le droit.

Sans surprise, depuis la fin des années 90, NVIDIA a bien évolué. Ainsi, son action a enregistré 6 splits différents, une procédure qui consiste à diviser une action lorsque son prix devient trop élevé. Après coup, les détenteurs ont plus de titres, mais chacun vaut moins. Nvidia l’a fait six fois depuis 2000, ainsi une action de 1993 en vaut 480 aujourd’hui.

De ce fait, les 9 375 options non achetées de 1996 équivalent actuellement à environ 4,5 millions d’actions, à un cours de 231$ cela représente plus d’un milliard de dollars.

« J’ai été l’un des premiers conseillers de NVIDIA en 1993, et j’ai récemment découvert qu’on me devait environ un milliard de dollars en actions. »

Eric Gullichsen

Pourquoi il n’y aura (presque sûrement) pas de chèque

Vers 2024, Gullichsen relit ses papiers et engage deux avocats : Allan Steyer et Chris Burke. Pendant un an, les avocats multiplient les échanges de lettres avec Nvidia. L’entreprise ne conteste pas le contrat, toutefois elle conteste le calendrier, car, selon eux, trop de temps a passé depuis les faits. Lors d’une réunion, le cabinet Cooley, qui défend Nvidia, lui aurait dit selon Gullichsen : assignez-nous si vous voulez.

Pourquoi les avocats ont lâché ? Aux États-Unis, un droit trop ancien arrive à prescription au bout de plusieurs années. Ainsi, aucun juge ne rouvrira le dossier, il est déjà « trop tard » et classé. Gullichsen l’écrit lui-même : il est « resté assis sur ses droits » pendant trente ans. Ses conseils pensaient perdre dès la première audience.

Il y a un autre verrou, plus simple encore. La lettre de 1996 n’était pas un cadeau. C’était un décompte, voilà ce qui est débloqué, vous avez 90 jours pour payer. S’il restait 9 375 bons, il fallait les réclamer avant juillet 1996, ce qu’il n’a pas fait.

Ces jours-ci, on parle surtout de Nvidia comme d’une banque. Le fabricant avance ou garantit des dizaines de milliards à OpenAI, jusqu’à 100 milliards d’investissement, plus une garantie d’environ 105 milliards sur un campus en Ohio, et cet argent revient en commandes de GPU. C’est le « pari circulaire » : Nvidia aide à financer la course à l’AGI, et les ventes de puces gonflent dans la foulée.

Rejoignez SwissBorg et découvrez une autre façon d’investir dans la crypto. Interface fluide, agrégateur qui balaie plusieurs exchanges pour vous obtenir le meilleur prix, cadre régulé européen : tout est pensé pour durer. Et pour commencer du bon pied, le code JournalDC vous rapporte jusqu’à 50 € dès 100 € de transaction.

<strong>Récupérer mon bonus</strong>
Récupérer mon bonus

L’article Du milliard à zéro : il oublie ses actions Nvidia pendant plus de 30 ans est apparu en premier sur Journal du Coin.