Ethereum sous les 1 550 $ : les Layer 2 et le staking suffiront-ils à enrayer le décrochage ?
06/26/2026Ethereum glisse. Le cours de l’ether est passé sous les 1 550 dollars ces derniers jours, alors que Bitcoin testait les 58 000 $ et qu’Hyperliquid, malgré sa correction, reste l’un des rares actifs majeurs à avoir surperformé massivement en 2026. Sur l’année, ETH affiche environ -32 % contre -11 % pour Bitcoin. Le ratio ETH/BTC touche des plus bas sur 10 mois. Les ETF spot Ethereum continuent de subir des sorties de capitaux (66 millions de dollars le 22 juin, 82 millions le 23).
La question n’est plus seulement macro. Elle est structurelle : les Layer 2 tournent à plein régime et le staking verrouille une part importante de l’offre. Mais cela suffit-il à redonner de l’élan au prix de l’ETH ?
- Ethereum a glissé sous la barre des 1 550 dollars, affichant une baisse de -32 % sur l’année.
- Les Layer 2 dominent techniquement mais n’apportent pas suffisamment de valeur au mainnet Ethereum, contribuant à une légère inflation du réseau.
Les Layer 2 : victoire technique, mais valeur qui fuit
Les Layer 2 d’Ethereum traitent aujourd’hui plus de transactions que le mainnet lui-même. Base et Arbitrum dominent en TVL et en activité retail/institutionnelle. L’écosystème dans son ensemble reste leader incontesté en DeFi et en stablecoins. Techniquement, la scalabilité promise depuis des années est là.
Pourtant, ce succès a un coût pour le token natif. Les frais générés sur les L2 ne reviennent que très partiellement au mainnet. Le burn de gas sur la couche 1 a fortement diminué. Résultat : Ethereum est devenu légèrement inflationniste ces derniers mois, alors que le staking continue de verrouiller 29 à 32 % de l’offre totale (environ 36 à 39 millions d’ETH).
Le staking offre un rendement attractif et constitue un sink de liquidité structurellement positif. Mais il ne compense pas à lui seul une demande institutionnelle qui reste timide sur les ETF ETH par rapport à ceux du Bitcoin.
Le marché price la capture de valeur, pas seulement l’activité
C’est là que le décrochage prend tout son sens. Ethereum n’est plus seulement jugé sur sa capacité à scaler (les L2 le font très bien), mais sur sa capacité à capturer de la valeur pour ses détenteurs.
Les institutions qui entrent via les ETF ou la tokenisation préfèrent aujourd’hui la simplicité narrative et l’exécution de Bitcoin ou de certaines chaînes spécialisées. Par exemple, Hyperliquid, avec son focus perps et sa mécanique de buyback via les fees, illustre parfaitement ce que le marché récompense actuellement : une valeur directe et lisible.
Ethereum, de son côté, propose un modèle plus complexe : devenir la couche de règlement et de disponibilité des données pour un écosystème L2 fragmenté mais extrêmement actif. C’est une thèse infrastructure puissante sur le long terme. Elle est juste moins sexy et moins immédiate pour le prix du token en 2026.
L’upgrade Glamsterdam, que nous expliquons dans cet article, et qui devrait apporter des améliorations sur le MEV et l’efficacité de la couche 1, a d’ailleurs été repoussé au second semestre. Pas de catalyseur technique court terme en vue.
Fondation Ethereum : restructuration et recentrage sur la robustesse de la couche 1
Alors que le marché continue de price avant tout la capture de valeur directe et la résilience des flux institutionnels via les ETF, la Fondation Ethereum elle-même est engagée dans une mutation profonde de son organisation et de ses priorités.
Ces dernières semaines, elle a annoncé une restructuration d’ampleur avec la suppression d’environ 20 % de ses effectifs, dans l’objectif de devenir plus focalisée sur ses missions critiques. Cette réorganisation s’accompagne de la mise en place de clusters thématiques, dont l’un spécifiquement dédié aux institutions, à l’infrastructure financière et à la coordination avec les acteurs traditionnels.
Sur le plan technique, ce recentrage se traduit par l’accélération de l’upgrade Glamsterdam, désormais attendu au troisième trimestre 2026. Ces ajustements organisationnels et protocolaires répondent directement aux interrogations sur la capacité d’Ethereum à capter durablement de la valeur. En durcissant le L1 et en structurant mieux son dialogue avec les institutions, elle cherche à consolider la thèse d’une infrastructure dominante sur le long terme.
Pour autant, ces mutations prennent du temps à se refléter dans les flux de capitaux et dans la perception de marché. Tant que les sorties des ETF spot Ethereum persistent et qu’aucun mécanisme plus direct de partage de valeur entre la couche 1 et les Layer 2 n’émerge, la pression sur le prix de l’ETH risque de se maintenir.
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