Il récupère 5 BTC grâce à Claude : La folle histoire du wallet Bitcoin oublié pendant 11 ans
05/14/2026Merci Claude. Il existe deux catégories de Bitcoin perdus. Ceux que la physique retient, enfouis sous des tonnes de déchets municipaux. Et ceux que la chimie a égarés, un soir de 2015, quand on change son mot de passe dans un état qui ne favorise pas la mémorisation.
@cprkrn, notre héros du jour, appartient à la seconde. Et contre toute attente, il vient d’en sortir : 5 BTC retrouvés, soit 450 000 dollars récupérés au cours actuel du BTC, une IA pour seul complice. Le mot de passe ? On y reviendra. Disons juste qu’il résume bien la soirée.
- Un utilisateur de Bitcoin, @cprkrn, a retrouvé 5 BTC grâce à l’aide d’une IA après onze ans de tentatives infructueuses.
- L’IA a permis d’identifier un ancien fichier wallet et de reconstituer un mot de passe perdu, démontrant l’efficacité d’une approche contextuelle face à la cryptographie impénétrable.
Onze ans de tentatives, des millions de combinaisons, zéro résultat
L’histoire commence en 2015. @cprkrn possède un wallet Bitcoin Core et décide, un soir dont il ne se souviendra pas très bien, de changer son mot de passe. Le lendemain matin : le nouveau mot de passe, envolé. Le Bitcoin, lui, toujours là, mais hors d’atteinte.
S’ensuivent ainsi des années d’acharnement méthodique. Des outils de récupération. Des scripts. Des dictionnaires entiers passés en force. Des GPU sollicités nuit après nuit pour tester des variantes à l’infini.
« J’ai essayé genre 7 milliards de mots de passe, mdr.
J’ai retrouvé un vieux moyen mnémotechnique il y a quelques semaines ; c’était mon ancien mot de passe avant que je le change. Je pensais être fichu.
En dernier recours, j’ai transféré tout le contenu de mon ordinateur de fac dans Claude. Il a trouvé un vieux fichier de portefeuille que le moyen mnémotechnique a réussi à déchiffrer.
Bloqué depuis plus de 11 ans parce que j’étais défoncé et que j’ai changé de mot de passe.
J’ai dépensé 250 $ à chaque fois, lol. PUTAIN DE MERDE ! »
Le bilan : des milliards de combinaisons testées. Aucune correspondance. Les 5 BTC restent chiffrés, inaccessibles, et prennent chaque année une valeur de plus en plus douloureuse à contempler.
Un cahier de fac, une phrase mnémotechnique et un dernier recours
Le dénouement s’amorce quelques semaines avant le tweet viral. En faisant du rangement, @cprkrn retombe sur un vieux cahier de l’époque universitaire. À l’intérieur : une phrase mnémotechnique griffonnée, vestige d’un ancien mot de passe, celui d’avant le changement fatidique.
La piste est mince. Elle ne suffit pas à elle seule. Mais elle donne une idée : et si la réponse se trouvait quelque part dans les fichiers de son vieil ordinateur ?
En dernier recours, il transfère l’intégralité du contenu de sa vieille machine dans Claude et lui expose la situation.
Claude à la rescousse !
Ce que fait alors l’IA n’a rien de mystérieux, mais tout d’efficace : elle parcourt les fichiers, identifie un wallet.dat legacy, le format de portefeuille de l’ancien client Bitcoin Core, antérieur aux wallets HD modernes, et croise les indices disponibles : la phrase mnémotechnique, les métadonnées, les habitudes probables de l’utilisateur. Elle construit une stratégie de récupération et guide l’exécution de l’outil btcrecover avec les bons paramètres.
Deux commandes plus tard :

« Clés privées déchiffrées. Convertissons au format WIF et vérifions les adresses… On y est. Les 5 BTC sont à vous. »
Le mot de passe était, amis poètes accrochez vous, lol420fuckthePOLICE!*:)
On ne saurait mieux résumer l’état d’esprit d’un soir de 2015 où l’on pense choisir quelque chose d’inoubliable, persuadé de la pertinence de notre idée.
Ce que Claude a fait, et ce qu’il n’a pas fait pour retrouver ces BTC
Il est important d’être précis sur ce point, tant les réactions sur X ont parfois flirté avec l’hyperbole.
En effet, Claude n’a pas cassé Bitcoin. Il n’a pas contourné AES-25, le standard de chiffrement qui protège, entre autres, les communications militaires et bancaires mondiales. Il n’a exercé aucune forme de magie computationnelle. Si c’était le cas, nous aurions collectivement des problèmes bien plus graves que des wallets perdus.
Ce que l’IA a accompli, c’est un travail d’investigation contextuelle : trier un volume important de fichiers anciens, identifier le bon wallet, croiser des indices hétérogènes pour reconstituer la logique probable du mot de passe, puis orchestrer l’utilisation d’un outil de récupération spécialisé avec des paramètres pertinents.
C’est exactement là que réside la valeur ajoutée, et la raison pour laquelle les tentatives brutes avaient échoué là où cette approche a réussi en quelques heures. Pas de la puissance de calcul supplémentaire, mais de l’intelligence contextuelle appliquée à un problème humain, désordonné, incomplet.
Pendant ce temps, James Howells attend toujours qu’on creuse
On ne peut pas raconter cette histoire sans penser à son pendant tragique. Jame Howells.
James Howells est un informaticien britannique de Newport, au Pays de Galles. En 2013, il jette par inadvertance un disque dur contenant un wallet Bitcoin. Dedans : 8 000 BTC. Au cours actuel, entre 800 millions et un milliard de dollars, selon le jour où vous lisez ces lignes.
Le disque dur se trouve quelque part sous les couches successives de la décharge municipale de Newport. Depuis 13 ans, Howells bataille avec le conseil municipal qui refuse, pour des raisons environnementales et légales, de lui autoriser l’accès au site. Il a proposé des dizaines de millions de livres. Il a voulu racheter l’intégralité de la décharge. Il a aussi sollicité des avocats, des politiques, des médias. Rien.
On pourrait d’ailleurs noter, avec la bienveillance qu’on lui doit après tant d’années d’efforts, que James Howells aurait peut-être économisé bien des démarches en souscrivant simplement à un abonnement Claude. Moins spectaculaire que de vouloir acheter une décharge, probablement plus efficace.

L’IA comme filet de sécurité des erreurs humaines en crypto
L’histoire de @cprkrn soulève une question plus large, et finalement assez sérieuse : combien de bitcoins perdus seraient récupérables avec les bons outils ?
Ainsi, estime-t-on qu’entre 3 et 4 millions de bitcoins sont définitivement inaccessibles, clés privées disparues, supports physiques défaillants, mots de passe oubliés un soir de 2015. Ceux-là sont perdus.
Les bitcoins dormants, c’est une autre catégorie. Ils n’ont pas bougé depuis des années, parfois depuis les premiers blocs minés en 2009, mais leurs propriétaires, eux, sont peut-être toujours là. Ou pas. C’est précisément ce qu’on ne sait pas, et c’est ce flou qui alimente toutes les convoitises.
Cette histoire de @cprkrn montre bien que la frontière entre “bitcoins perdus à jamais” et “bitcoins simplement dormants” est beaucoup plus floue qu’on ne le pense. Et c’est précisément cette ambiguïté qui alimente aujourd’hui toutes les convoitises… y compris celle de Paul Sztorc.
En effet, fin avril 2026, Paul Sztorc a annoncé eCash, un hard fork de Bitcoin prévu pour août, dont le mécanisme de financement repose sur la réattribution d’une partie des coins du « pattern Patoshi », le million de bitcoins minés en 2009 et largement attribués à Satoshi Nakamoto, créateur de Bitcoin. Argument avancé : ces coins sont dormants depuis 15 ans, autant les faire travailler. Réponse de la communauté : dormant ne veut pas dire abandonné. Certains ont simplement appelé ça du vol.
Ce que cette polémique révèle, au fond, c’est que la question des bitcoins immobiles n’est plus seulement technique, elle est désormais politique. Et si une IA peut retrouver 5 BTC perdus en une soirée, la frontière entre « irrécupérable » et « pas encore cherché au bon endroit » mérite peut-être d’être redessinée.
Une fable sur Bitcoin
Du côté de notre affaire, @cprkrn a clôturé son thread avec l’élégance qu’on lui connait désormais :
« PUTAIN DE BORDEL DE MERDE OMG ! Claude vient de craquer ce truc ! Merci AnthropicAI
Merci @DarioAmodei … je vais nommer mon gosse en votre honneur »
10,1 millions de vues. 27 000 likes. Un transfert de 5 BTC confirmé sur la blockchain. Et la perspective d’un enfant prénommé Dario quelque part en Amérique.
La leçon de self-custody, elle, ne change pas : un wallet.dat sans sauvegarde de la clé privée ou sans seed phrase lisible reste une bombe à retardement, quelle que soit la sophistication des outils disponibles. Les wallets modernes avec phrase de récupération BIP-39 existent donc précisément pour éviter ce genre de scénario. Douze mots sur papier, dans un endroit sûr, suffisent.
Quant à James Howells, on lui souhaite sincèrement que le conseil municipal de Newport finisse un jour par entendre raison. Ou qu’il découvre les vertus d’un bon abonnement à une IA. Les deux options ont leurs mérites.
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