Intelligence Artificielle : La bulle de l’IA n’explosera pas, elle va juste se dégonfler

Intelligence Artificielle : La bulle de l’IA n’explosera pas, elle va juste se dégonfler

08/24/2026 0 Par cryptolounge

Pas de krach, une lente fuite d’air. Plusieurs économistes convergent vers le même diagnostic cet été : la correction attendue sur les valorisations de l’intelligence artificielle ne prendra pas la forme d’un effondrement brutal façon bulle internet de 2000. Elle ressemblerait plutôt à un dégonflement progressif, étalé dans le temps, qui séparerait patiemment les gagnants des perdants.

Les points clés de cet article :
  • Les économistes ont convergé vers l’idée que la correction des valorisations de l’intelligence artificielle serait un dégonflement progressif plutôt qu’un effondrement brutal, séparant ainsi les gagnants des perdants.
  • Malgré un impact significatif sur le PIB américain, l’adoption quotidienne de l’IA reste faible, suscitant des doutes sur la viabilité à long terme de ces investissements massifs.

Trop grosse pour éclater, selon Paulo Carvao

Paulo Carvao, économiste qui suit de près le financement de l’IA, a défendu cette thèse le 18 août lors du forum NCPERS sur les retraites publiques à l’Université de Chicago, dans une tribune publiée sur Forbes. Son argument tient en une idée simple : la technologie est désormais trop profondément intégrée à l’économie américaine pour qu’un effondrement pur et simple soit envisageable. Elle serait, selon lui, devenue too big to fail.

Cela ne veut pas dire que rien ne casse. Carvao pointe des milliards de dollars d’engagements hors bilan, une monétisation qui peine à suivre le rythme des dépenses en capital, et des flux de trésorerie devenus négatifs chez certains ténors du secteur.

Le dégonflement, dans ce scénario, ne serait pas indolore. Il serait simplement plus lent qu’un krach classique, avec un tri progressif entre les entreprises capables de générer de vrais revenus et celles qui ne tiennent que sur la promesse.

1,1 point de PIB, mais seulement 13 % d’usage quotidien

Le poids macroéconomique de l’IA donne le vertige. Les dépenses liées à l’intelligence artificielle ont contribué 1,1 point de croissance au PIB américain, dépassant même la consommation des ménages comme moteur principal de l’économie sur la période récente. L’économiste de Harvard Jason Furman va plus loin encore : selon ses calculs, l’investissement dans les infrastructures liées à l’IA expliquerait jusqu’à 92 % de la croissance du PIB américain au premier semestre 2025.

Le problème, c’est que cette montagne d’investissement ne se traduit pas encore par un usage massif sur le terrain. Seuls 13 % des salariés américains utilisent l’IA quotidiennement dans leur travail, selon une enquête Gallup relayée par TechTarget. Un chiffre à mettre en regard des sommes englouties dans les data centers, les puces et les modèles.

Autre signal qui interroge : l’adoption de l’IA reculerait chez les entreprises de plus de 250 salariés, d’après des données du Census Bureau américain. Certaines sociétés regarderaient déjà leurs factures d’IA et se demanderaient si pousser leurs équipes à l’utiliser systématiquement était vraiment la meilleure idée.

Les signaux de tension déjà visibles sur le marché

Plusieurs failles structurelles fragilisent l’édifice. La concentration du marché autour d’une poignée d’acteurs pose un risque systémique en soi. Si l’un des grands noms trébuche, l’onde de choc touche mécaniquement tout l’écosystème. Les accords passés sur les marchés privés restent largement opaques, ce qui complique toute évaluation sérieuse du risque réel encouru par les investisseurs.

S’ajoute à cela une pression grandissante pour que les entreprises d’IA les mieux valorisées entrent en Bourse, sur des marchés publics nettement moins indulgents que le capital-risque. Une introduction ratée suffirait à changer le narratif du secteur tout entier.

Les limites physiques du secteur, la demande en électricité en tête, commencent également à se faire sentir concrètement sur le terrain. Sans oublier les inquiétudes institutionnelles sur les suppressions d’emplois et la régulation à venir, deux fronts qui pourraient peser lourd sur le sentiment de marché dans les prochains mois.

Ce que le dégonflement de l’IA changerait pour les cryptos

L’écosystème crypto suit ce dossier de près, et pour cause. Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, a vendu une partie de ses cryptomonnaies en accusant justement l’IA de drainer la liquidité qui, autrement, aurait pu se diriger vers Bitcoin et les actifs numériques. Selon lui, près de 1 500 milliards de dollars de dette ont déjà financé l’expansion de l’IA depuis fin 2022, une facture qui devra un jour être remboursée si les revenus générés par l’IA ne suivent pas.

Un dégonflement lent plutôt qu’un krach changerait pourtant la donne pour les marchés crypto. Une purge brutale aurait probablement entraîné tous les actifs risqués dans sa chute, Bitcoin compris. Un tassement étalé sur plusieurs trimestres laisserait, lui, davantage de place à une rotation progressive des capitaux, plutôt qu’à une panique généralisée du jour au lendemain.

Reste que rien de tout cela n’est gravé dans le marbre. Le scénario du dégonflement lent suppose que les hyperscalers continuent d’honorer leurs engagements de dépenses sans accident de refinancement majeur, à un moment où leur dette obligataire a déjà propulsé les taux américains à 30 ans au-dessus de 5 % pour la première fois depuis 2007.

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