IPOPs : Hyperliquid et trade[XYZ] demandent à la SEC un cadre légal pour les perpétuels pré-IPO
08/19/2026Il est plus facile de demander pardon que la permission. D’ordinaire, c’est la philosophie non écrite de la DeFi : lancer d’abord, régulariser ensuite si besoin. Cette fois, c’est l’inverse. Le Hyperliquid Policy Center et trade[XYZ], déployeur de marchés perpétuels sur Hyperliquid, ont cosigné un commentaire officiel adressé à la Securities and Exchange Commission (SEC). Leur demande tient en une phrase : créer un cadre pour les perpétuels pré-IPO, qu’ils baptisent IPOPs, et autoriser à terme les particuliers américains à s’y exposer.
Points clés
- Le Hyperliquid Policy Center et trade[XYZ] demandent à la SEC un cadre pour les perpétuels pré-IPO (IPOPs), avec un accès futur aux particuliers américains.
- Ces contrats n’offrent ni action, ni droit de vote, ni allocation à l’introduction en bourse, seulement une exposition au prix avant cotation.
- Blocage juridique : qualifiés de security-based swaps, ces produits seraient de fait interdits au grand public.
- Les signataires proposent en échange disclosures, standards de cotation, plafonds de levier et limites de position.
Des IPOPs sur OpenAI et SpaceX, sans la moindre action au bilan
Derrière le sigle, un gisement que Wall Street garde sous clé. OpenAI a été valorisée autour de 500 milliards de dollars lors d’un rachat de titres à l’automne 2025, SpaceX aux alentours de 400 milliards. Le non-coté reste réservé aux accredited investors, ces investisseurs qualifiés qui justifient de revenus ou d’un patrimoine suffisants.
Un perpétuel (perpetual future) est un dérivé sans échéance dont le prix reste arrimé à un indice de référence grâce au financement (funding), un paiement périodique entre acheteurs et vendeurs. Les IPOPs braquent cette mécanique sur des sociétés pas encore cotées, comme trade[XYZ] l’avait déjà testé en mai avec un contrat sur SpaceX, rapportait Journal du Coin. Pas d’action, pas de droit de vote, pas d’allocation à la cotation. Juste une exposition au prix, avant même l’introduction en Bourse.
Le non-coté n’a pas de cours continu, voilà le nœud du problème. Les valorisations sortent au compte-gouttes, puis plus rien pendant des mois. Le carnet d’ordres prend le relais entre-temps, avec un prix qui devient l’agrégation des anticipations des traders. Séduisant pour un signal en temps réel sur OpenAI, nettement plus risqué quand la liquidité reste étroite.
Security future ou security-based swap, la qualification qui verrouille tout
Les deux signataires demandent à la SEC et à la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) de trancher une question de qualification juridique, dans la continuité des échanges engagés avec le régulateur depuis juillet.
Deux cases possibles pour un perpétuel adossé à des actions : le security future, sous juridiction partagée des deux agences, ou le security-based swap, chasse gardée de la SEC. Héritée du Dodd-Frank Act, cette dernière catégorie interdit en pratique aux particuliers américains de traiter hors d’une bourse enregistrée. Tomber dans la mauvaise case, et le produit naît déjà mort pour le grand public.
D’où la contrepartie proposée : obligations d’information, standards de cotation, plafonds de levier, limites de position et surveillance de la manipulation de cours.

Hyperliquid avance ses pions pendant que Washington arbitre
Le calendrier n’a rien d’un hasard. Le standard HIP-3 permet à des équipes tierces de déployer leurs propres marchés perpétuels sur Hyperliquid, avec la main sur l’oracle, le levier et les frais. trade[XYZ] s’en est déjà servi pour lancer des perpétuels calqués sur le S&P 500, d’autres, comme Ventuals, ont ouvert des marchés sur OpenAI, SpaceX ou Anthropic. Les volumes tournent, mais les utilisateurs américains restent bloqués par géolocalisation.
Le précédent de l’été 2025 pèse encore sur le dossier : Robinhood distribuait alors en Europe des tokens censés suivre la valeur d’OpenAI et de SpaceX. La réponse n’avait pas tardé.
« Ces « tokens OpenAI » ne sont pas des actions OpenAI. Nous n’avons pas de partenariat avec Robinhood, nous n’avons pas été impliqués dans cette opération et nous ne la soutenons pas.»
OpenAI, communiqué publié par son compte officiel Newsroom
Un dérivé qui ne prétend détenir aucun titre contourne l’objection. Aucune action ne change de main, donc aucun accord de l’entreprise à obtenir. C’est l’argument porté devant une SEC dirigée par Paul Atkins, engagée depuis 2025 dans son chantier « Project Crypto » avec la CFTC. Le commentaire plaide pour une montée en charge progressive, des investisseurs qualifiés vers le grand public, plutôt qu’une ouverture immédiate. En attendant l’arbitrage de Washington, les IPOPs continuent de coter hors des États-Unis, avec des Américains spectateurs d’un prix qu’ils n’ont pas le droit de traiter.
L’article IPOPs : Hyperliquid et trade[XYZ] demandent à la SEC un cadre légal pour les perpétuels pré-IPO est apparu en premier sur Journal du Coin.


