La Chine triple son réseau de yuan numérique à 30 banques en 2026
08/20/2026Big Brother is watching you. La Banque populaire de Chine (PBOC) ne construit pas son yuan numérique par à-coups, mais par paliers réguliers et assumés : dix banques en janvier, vingt-deux en avril, trente aujourd’hui. Cette semaine, huit nouveaux établissements ont rejoint le réseau, portant le total à un chiffre trois fois supérieur à celui de début d’année.
- La Banque populaire de Chine a étendu son réseau de yuan numérique, passant de dix à trente banques depuis le début de l’année.
- Ping An Bank et Bank of Shanghai, des institutions majeures, ont récemment rejoint le système e-CNY, signalant une adoption accrue.
Huit banques de plus, dont deux poids lourds régionaux
Ping An Bank, Hengfeng Bank, Bank of Shanghai et Bank of Hangzhou figurent parmi les huit nouveaux opérateurs connectés cette semaine au système central de l’e-CNY, selon les chiffres publiés par la banque centrale. Ces établissements ne proposeront pas de services immédiatement. Ils doivent d’abord terminer leurs préparatifs techniques et opérationnels avant d’ouvrir l’accès à leurs clients.
C’est la seconde vague de l’année. Une première salve de douze banques avait rejoint le dispositif en avril, faisant passer le total de dix à vingt-deux établissements. Deux vagues, vingt nouveaux opérateurs, un rythme qui n’a rien d’improvisé.
Ping An Bank et Bank of Shanghai ne sont pas des figurants. La première compte parmi les plus grandes banques commerciales par actions du pays, adossée au conglomérat d’assurance Ping An. La seconde domine la place bancaire de la capitale économique chinoise. Leur arrivée pèse davantage, en clientèle et en volumes potentiels, que celle d’un établissement régional isolé.

Le e-CNY devient un dépôt bancaire comme un autre
Cette expansion suit un changement de statut entré en vigueur le 1er janvier. Avant cette date, un portefeuille en e-CNY ne rapportait rien, ce qui dissuadait d’y loger des sommes importantes. Les yuans numériques détenus dans les portefeuilles des banques commerciales sont désormais considérés comme des passifs bancaires classiques. Les établissements doivent verser des intérêts à leurs clients, et les soldes sont couverts par l’assurance-dépôts, au même titre qu’un compte courant traditionnel.
Le calcul de Pékin devient plus lisible à mesure que les chiffres s’accumulent. Un dépôt numérique qui rapporte et qui est garanti ressemble de plus en plus à de la monnaie ordinaire, ce qui facilite son adoption par des banques jusque-là prudentes. Reste que l’architecture, elle, n’a rien d’ordinaire.
Un système à deux étages, verrouillé par la banque centrale
Les banques n’occupent que l’étage visible. Elles ouvrent les portefeuilles personnels et professionnels, gèrent les conversions et exécutent les contrôles anti-blanchiment du dispositif. La PBOC, elle, garde la main sur le système central et sur le rythme d’admission de chaque nouvel opérateur, qu’elle dit vouloir poursuivre selon des principes qu’elle qualifie elle-même de « orientés marché et fondés sur des règles ».
Le volume donne la mesure du terrain déjà couvert. Entre janvier et novembre 2025, la Chine a traité 3,48 milliards de transactions en yuan numérique, pour une valeur cumulée de 16,7 billions de yuans, soit environ 2 500 milliards de dollars. Dix fois plus que les 250 milliards de dollars enregistrés mi-2023, un peu plus de deux ans plus tôt
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