MiCA pousse les entreprises crypto à quitter l’Europe pour Dubaï
06/30/2026Le grand départ. Entré en application fin 2024, le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) encadre désormais l’ensemble du secteur des cryptomonnaies au sein de l’Union européenne, avec pour objectif affiché une meilleure protection des consommateurs et une plus grande stabilité du marché. Si ce cadre apporte une clarté juridique bienvenue, il est aussi perçu comme contraignant par de nombreux acteurs. Plusieurs d’entre eux revoient leur implantation européenne et se tournent vers des juridictions plus flexibles, à commencer par Dubaï.
Points clés
- MiCA impose une licence obligatoire et des exigences de conformité élevées aux acteurs crypto opérant en Europe
- En France, le statut PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques), précurseur de MiCA, pèse particulièrement sur les startups et PME en raison des coûts de mise en conformité
- Dubaï attire avec sa licence VARA et un environnement réglementaire et fiscal plus favorable
- Plusieurs plateformes ont renforcé ou privilégié leur présence dans l’émirat
MiCA, un cadre jugé trop exigeant
Adopté par le Parlement européen en avril 2023, MiCA encadre les émetteurs de tokens, les plateformes d’échange et les prestataires de services sur cryptoactifs.
Le texte vise à harmoniser les règles au niveau européen, à renforcer la protection des utilisateurs et à lutter contre le blanchiment d’argent.
Il impose notamment une autorisation obligatoire (CASP), des règles strictes en matière de gouvernance, de sécurisation des fonds clients et de lutte contre le blanchiment. En France, le régime PSAN mis en place dès 2019 avait déjà anticipé une grande partie de ces exigences.
Pour les plus petites structures, la facture de la conformité (systèmes, audits, personnel dédié, assurances) peut rapidement devenir lourde, voire prohibitive, alors que les grands acteurs l’absorbent plus facilement.

Dubaï, refuge réglementaire et fiscal pour les exchange crypto
Face à ces contraintes, Dubaï se positionne comme une destination attractive. La VARA (Virtual Assets Regulatory Authority) propose un cadre dédié, avec une licence qui permet d’opérer légalement dans un écosystème conçu pour les actifs numériques.
L’environnement fiscal y est nettement plus avantageux qu’en Europe et c’est pourquoi plusieurs acteurs ont ainsi choisi d’y développer ou de recentrer leurs activités.
BitOasis, plateforme majeure basée à Dubaï, y a consolidé sa présence et obtenu une licence VASP complète, tout en se développant dans la région MENA.
D’autres entreprises du secteur, confrontées à la complexité du passage à MiCA, ont également renforcé leur implantation dans l’émirat pour bénéficier d’un cadre plus agile.
En matière de réglementation crypto, la France reste l’un des pays les plus stricts d’Europe. Cette rigueur, si elle protège les investisseurs, a un coût : elle contribue à une concentration du secteur au profit des acteurs les mieux capitalisés et pousse certaines structures à privilégier d’autres juridictions.
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