Polymarket : Jusqu’à 27 milliards de dollars misés par des Américains malgré l’interdiction
06/12/2026Échec de l’interdiction. Une étude publiée ce mois-ci par le cabinet de conseil spécialisé Crane Zeng quantifie pour la première fois de manière rigoureuse l’activité des utilisateurs résidant aux États-Unis sur les marchés de prédiction offshore. Ces plateformes non régulées, à l’instar de Polymarket, Opinion ou Myriad Markets, imposent théoriquement des restrictions d’accès géographiques au public américain. Pourtant, l’analyse des volumes de transactions enregistrés entre mai 2025 et avril 2026 démontre une participation notable de ces investisseurs, souvent par l’intermédiaire de réseaux privés virtuels (VPN). Les données empiriques, basées sur les indicateurs de la plateforme Dune Analytics, estiment que cette clientèle alimente une part significative du marché mondial malgré l’absence de licences officielles.
- Une étude du cabinet Crane Zeng a révélé que les utilisateurs américains ont continué à accéder massivement aux marchés de prédiction offshore malgré les interdictions.
- Polymarket et d’autres plateformes offshore ont vu une participation américaine représentant jusqu’à 34 milliards de dollars, illustrant l’inefficacité des restrictions géographiques.
Estimations volumétriques et proxies méthodologiques
L’étude en question s’appuie sur des proxies statistiques, comme la distribution horaire des transactions et la composition des volumes sur le segment du sport, pour évaluer la part de marché américaine. Et les résultats indiquent qu’environ 30 % du volume de Polymarket, soit entre 10,6 et 26,7 milliards de dollars sur un total de 55,6 milliards, provient d’utilisateurs situés aux États-Unis.
À l’échelle de l’ensemble des structures offshore, cette activité représente entre 11 et 34 milliards de dollars. Les projections du secteur indiquent même que, si les parts de marché actuelles se maintiennent, le volume annuel attribuable aux utilisateurs américains sur ces espaces non réglementés pourrait atteindre 133 milliards de dollars d’ici 2030.
Le succès de ces protocoles reposant sur la technologie des registres distribués s’explique par l’absence de procédures d’identification obligatoires (KYC) et par l’anonymat des portefeuilles numériques. Sur Polymarket, la répartition des transactions montre par ailleurs une concentration autour du sport (39 %), de la politique (29 %) et des actifs numériques (25 %).
Ces plateformes permettent de contracter des positions binaires sur une multitude d’événements mondiaux. Cette flexibilité thématique maintient l’attrait des bourses offshore auprès d’un public à la recherche de réactivité, même si le cadre légal américain interdit normalement l’accès aux entités ne disposant pas d’une licence spécifique de marché de contrats désigné.

Polymarket et les autres : Évolution réglementaire et dynamique concurrentielle
La position des autorités de régulation américaines, notamment la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), a pourtant évolué vers une approche plus souple, favorisant l’innovation technologique. Historiquement restrictive, la réglementation s’est assouplie après que la plateforme régulée Kalshi a obtenu gain de cause en justice pour proposer des marchés liés aux élections. .
Cet arbitrage juridique a ainsi permis aux bourses intérieures de développer rapidement leurs activités. En conséquence, la part des plateformes offshore dans le volume global est passée de 84,4 % en 2024 à 60,9 % en 2025, illustrant un rattrapage progressif par les entreprises en conformité avec la législation nationale.
Au cours des douze mois analysés, les bourses régulées par la CFTC ont ainsi traité 74 milliards de dollars, portées principalement par Kalshi qui totalise 70 milliards de dollars. Cette progression des acteurs intérieurs réduit l’écart avec le volume collectif des structures offshore, établi à 85 milliards de dollars sur la même période.
Les prévisions générales du cabinet Bernstein estiment que le marché global des prédictions pourrait afficher un volume annuel proche de 1 000 milliards de dollars à l’horizon 2030. L’activité se structure désormais autour d’une concurrence accrue entre les offres locales supervisées et les protocoles internationaux décentralisés.
La quantification de l’activité américaine sur les marchés de prédiction offshore met en lumière les limites pratiques du blocage géographique face aux outils d’anonymisation. La croissance des volumes transigés confirme aussi l’intérêt du public pour ces instruments de couverture et de spéculation événementielle. Parallèlement, le développement rapide des plateformes régulées démontre qu’un cadre légal adapté permet de capter une partie des flux financiers auparavant orientés vers l’étranger. Régulées, pas régulées, américaines ou offshores, quoiqu’il arrive, les plateformes de marchés prédictifs ont la cote et la Coupe du monde ne devrait pas ralentir les mises !
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