Project Crypto aux USA : Le président de la SEC évoque des « mesures historiques »
07/03/2026Le président de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, a de nouveau enfoncé le clou : le régulateur prend, selon ses mots, des « mesures historiques » pour permettre le développement de marchés financiers reposant sur la blockchain aux États-Unis. La déclaration s’inscrit dans un discours structuré, prononcé fin juin devant l’un des clubs économiques les plus influents du pays, et confirme une orientation que l’agence assume depuis plusieurs mois déjà : faire des États-Unis la « capitale mondiale de la crypto », pour reprendre la formule popularisée par l’administration Trump.
- La SEC a pris des mesures historiques pour développer les marchés financiers basés sur la blockchain aux États-Unis.
- Un protocole d’accord historique a été signé entre la SEC et la CFTC pour clarifier les compétences entre régulateurs.
Project Crypto : la SEC troque la répression pour la clarté
C’est lors de son intervention à l’Economic Club of New York, le 30 juin 2026, que Paul Atkins a livré sa formule la plus offensive à ce jour.
« À travers ce que nous appelons Project Crypto, nous prenons des mesures historiques pour moderniser nos règles et nos réglementations afin de faciliter le basculement des marchés on-chain [c’est-à-dire directement enregistrés et échangés sur une blockchain, ndlr] »
Comuniqué officiel
Le président de la SEC y présente sa feuille de route sous la forme d’une stratégie en trois volets, qu’il baptise « ACT » :
| Pilier | Objectif affiché |
|---|---|
| Advance (Faire avancer) | Moderniser les cadres réglementaires pour l’ère numérique |
| Clarify (Clarifier) | Trancher les lignes de compétence entre régulateurs |
| Transform (Transformer) | Réécrire le règlement en revenant aux principes fondateurs |
Source : discours de Paul Atkins, SEC, 30 juin 2026.
Concrètement, Atkins revendique vouloir mettre fin à des années de flou juridique : les émetteurs de jetons peuvent désormais savoir, avant même leur lancement, si leur actif numérique sera considéré comme une valeur mobilière (donc soumis au contrôle de la SEC) ou non. Un changement de doctrine assumé après des années où, selon lui, « l’incertitude est devenue la politique » de l’agence à l’égard des cryptomonnaies : un tacle à peine voilé à l’ère Gensler, où les poursuites judiciaires tenaient lieu de réglementation.

SEC et CFTC, l’accord qui devait mettre fin à la guerre des chasses gardées
Le deuxième pilier de la stratégie, la clarification, s’appuie sur un texte bien réel : le protocole d’accord (Memorandum of Understanding) signé entre la SEC et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), l’autre régulateur américain compétent sur une partie des marchés crypto. Atkins le qualifie lui-même d’« historique », estimant qu’il remplace un « no man’s land réglementaire » entre les deux agences par un terrain fertile pour l’innovation.
Atkins a par ailleurs signalé vouloir revoir les règles encadrant les marchés on-chain et la finance pilotée par l’intelligence artificielle, deux chantiers qu’il présente comme indissociables de sa vision d’une Amérique qui ne laisse plus filer l’innovation financière vers d’autres juridictions. Le Journal du Coin détaillait déjà, dès le lancement du projet à l’été 2025, les six priorités de ce Project Crypto, dont l’autorisation de « super-apps » crypto capables de cumuler trading, prêt et staking sous une même licence.
Un pari politique autant que réglementaire
Derrière la rhétorique patriotique (le discours multiplie les références aux Pères fondateurs et au 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance, célébré le 4 juillet), la SEC avance des chiffres concrets pour justifier son virage : les dépôts de dossiers d’introduction en bourse auraient bondi de 70 % entre janvier et début juin 2026 par rapport à la même période de 2024. De quoi alimenter le récit d’un régulateur qui ne freine plus l’innovation mais l’accompagne.
Reste que la promesse d’un régulateur « clair et prévisible » se heurte à une réalité plus lente : la réécriture effective des règles prend du temps, et rien ne garantit que la prochaine administration, dans deux ou six ans, conservera la même doctrine. L’histoire récente de la régulation crypto américaine, faite d’allers-retours entre fermeté et ouverture, invite à la prudence avant de crier victoire. Signe que cette ouverture réglementaire profite aussi directement à la famille présidentielle : Donald Trump a lui-même déclaré 1,4 milliard de dollars de gains crypto sur la même période. La bascule on-chain que Paul Atkins appelle de ses vœux reste, pour l’instant, un chantier bien plus qu’un acquis.
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