« Si les régulateurs ne garantissent pas un terrain de jeu équitable, les marchés vont s’effondrer » : Erald Ghoos, CEO d’OKX Europe

« Si les régulateurs ne garantissent pas un terrain de jeu équitable, les marchés vont s’effondrer » : Erald Ghoos, CEO d’OKX Europe

06/16/2026 0 Par cryptolounge

Rendez vous manqué. Nous nous sommes loupés à la Paris Blockchain Week. Un acte manqué qui, finalement, nous a offert mieux que cinq minutes debout sur un stand entre deux démonstrations. Une conversation écrite, posée, sans le bruit ambiant des conférences. Et quelque part, c’est peut-être plus cohérent ainsi. En effet, une industrie qui tourne 24h/24, 7j/7, sans frontières, mérite qu’on lui consacre le temps de la réflexion.

C’est donc par écrit qu’Erald Ghoos, CEO d’OKX Europe, nous a livré sa lecture de 2026 : les coulisses de MiCa, X-Perps, carte OKX, custody institutionnel … Et cette phrase qui résume mieux que tout l’état du marché régulé en Europe, « 95 % des volumes de dérivés sont encore offshore.» Sans filtre, sans langue de bois.

Le Journal du Coin vous propose cet article promotionnel en collaboration avec OKX.

OKX : qui est vraiment ce mastodonte de la crypto ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un rappel s’impose pour ceux qui ne connaissent OKX que de nom. Fondée en 2017, OKX est aujourd’hui l’un des trois plus grands exchanges crypto au monde en volume de trading. Cela représente plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs actifs dans plus de 160 pays. La plateforme propose un écosystème complet : trading spot et dérivés, staking, earn, portefeuille Web3 non-custodial. Et depuis 2026 en Europe, une carte de paiement Mastercard et une solution de paiement via stablecoins.

Ce qui distingue OKX de ses concurrents directs, Binance, Coinbase, Kraken, c’est le choix stratégique d’avoir couru en tête sur la conformité réglementaire européenne. OKX Europe Ltd a reçu son autorisation MiCA complète de la Malta Financial Services Authority en janvier 2025. Elle était parmi les premières au monde. La plateforme détient également :

  • une licence MiFID II pour le trading de dérivés, émise en mars 2025,
  • une licence d’établissement de paiement couvrant OKX Card et OKX Pay, obtenue en février 2026.
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Ce triptyque réglementaire est rare. Il place OKX sous les mêmes standards que les institutions financières traditionnelles. Entre autre, ségrégation des actifs, réserves de capital, standards de cybersécurité bancaires. Il lui donne ainsi une longueur d’avance considérable sur le 1er juillet 2026. En effet, à cette date, les exchanges non licenciés devront quitter le marché européen entièrement, selon la directive ESMA de décembre 2025.

2026 : l’année où l’Europe est passée à l’acte

La première question à Erald Ghoos était simple : où en est-on, à mi-parcours de 2026 ? Sa réponse en dit beaucoup sur la façon dont OKX lit le marché européen en ce moment.

« 2026 est jusqu’ici l’année où l’Europe est passée de la permission au produit. Nous ne parlons plus de MiCA dans l’abstrait, nous livrons sous ce cadre : passeportage dans tout l’Espace économique européen, lancement d’offres d’échange régulées, déploiement d’OKX Earn, de la carte OKX, paiements en stablecoin et dérivés régulés. Mon sentiment, c’est que l’Europe devient moins un débat de politique publique et davantage un marché opérationnel vivant, qui répond à de vraies besoins financiers des utilisateurs. »

C’est un changement de ton important. Depuis plusieurs années, les acteurs crypto en Europe se plaignent de l’incertitude réglementaire comme d’un frein à l’innovation. OKX revendique désormais d’en avoir fait un avantage compétitif, en étant les premiers à jouer le jeu plutôt qu’à l’attendre.

Erald Ghoos est le CEO de la plateforme européenne de l'exchange OKX
Erald Ghoos, CEO de OKX Europe

La carte OKX et OKX Pay : crypto dans la poche, au quotidien

C’est l’un des lancements les plus concrets de l’année. La carte OKX, lancée fin janvier 2026 en partenariat avec Mastercard, permet aux utilisateurs de dépenser des stablecoins tels que USDC et USDG chez plus de 150 millions de commerçants dans le monde. Elle s’intègre à OKX Pay. Il s’agit d’une solution de paiement auto-dépositaire qui conserve les actifs dans le portefeuille de l’utilisateur jusqu’au moment de l’achat.

La carte OKX permet aux utilisateurs de dépenser leurs stablecoins dans des situations quotidiennes à travers l’Europe via le réseau Mastercard. En effet, les paiements sont automatiquement convertis des stablecoins en euros au moment de l’achat. Les commerçants quant à eux reçoivent de la monnaie fiduciaire. La carte offre une structure de frais transparente sans frais de transaction ni de change. Elle n’applique qu’un faible écart de marché de 0,1 % lors de la conversion.

Compatible Apple Pay et Google Pay, elle peut être utilisée partout où Mastercard est acceptée, en ligne comme en magasin. Pour les utilisateurs crypto qui cherchent à dépenser leurs actifs sans passer par la case vente et imposition, c’est une brique concrète. L’objectif affiché d’OKX est que les utilisateurs puissent gérer l’ensemble de leurs services financiers via une seule application, la crypto comme point d’entrée vers la finance du quotidien.

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X-Perps : quand la compliance devient un produit

L’annonce phare d’OKX à la Paris Blockchain Week : les X-Perps. Des contrats dérivés crypto structurés sous forme de futures à échéance longue, conçus pour offrir une expérience de trading avancée dans un cadre régulé MiFID II. La question qui reste ouverte : ce format deviendra-t-il le standard de l’industrie européenne, ou restera-t-il une étape transitoire avant une évolution du cadre réglementaire ?

Ghoos est direct :

« Je vois les X-Perps moins comme un coup de com que comme un modèle de ce que l’Europe peut faire correctement en matière de dérivés. L’ESMA ( European Securities and Markets Authority, Autorité européenne des marchés financiers en français ndlr) a averti que les produits dérivés crypto pouvaient tomber sous des règles de type CFD, donc nous avons structuré les X-Perps comme un futures à échéance cinq ans pour s’inscrire dans le cadre européen plutôt que de le combattre.

Est-ce que cette structure exacte deviendra le standard du marché ?

Peut-être pas pour toujours, la réglementation évolue. Mais je pense que c’est le type d’architecture compliance-first que d’autres vont copier pendant que les règles se stabilisent. »

Sous la licence MiFID II d’OKX, les X-Perps offrent un futures réglementé avec jusqu’à 10x de levier. Un produit qui comble partiellement le vide laissé par l’impossibilité des perpetuals en Europe. Imparfait peut-être, mais légal et fonctionnel.

Les traders européens sont sophistiqués. Ils savent exactement ce qui fait bouger les marchés. Ils suivent les résultats d’entreprises, les décisions de la Fed, les cours des matières premières et les événements géopolitiques, mais ils n’avaient aucun moyen d’agir dessus.

Les X-Perps résolvent ce problème. Un seul compte, tous les marchés, 24/7. Et comme nous sommes entièrement régulés, nos clients bénéficient des protections qui vont avec.

Depuis le 1er mai, le volume de trading des X-Perps a augmenté de plus de 447 %. Nous nous attendons à ce que cette forte dynamique se poursuive, et potentiellement s’accélère, à mesure que nous élargissons notre offre de produits .

95 % des volumes encore offshore : le vrai blocage

C’est le chiffre qui dérange dans toute la discussion sur la régulation crypto en Europe. Selon Ghoos lui-même, 95 % des volumes de dérivés crypto se font encore sur des plateformes offshore, hors de toute réglementation européenne. Qu’est-ce qui bloque vraiment le basculement ?

« Le blocage n’est pas une seule chose, c’est l’ensemble du package. Les traders bougent quand une plateforme régulée peut rivaliser avec l’offshore sur la liquidité, l’étendue des produits, la vitesse, la flexibilité du collatéral et l’expérience utilisateur, tout en ajoutant confiance et rails locaux. L’inertie, c’est vraiment la question de savoir si l’onshore peut se sentir aussi complet que l’offshore. »

La réponse d’OKX : construire tout en parallèle, accès régulé, liquidité profonde, support en langues locales, rails en euros, paiements par carte, solutions de custody avec Standard Chartered. Pas de raccourci, pas de produit isolé. Une stack complète.

Par ailleurs, avec l’arrivée imminente de la deadline MiCA qui va durcir les règles pour les plateformes non conformes en Europe, OKX se positionne comme l’alternative idéale aux exchanges offshore pour les utilisateurs qui ne savent plus où aller.

OKX possède une licence MiCa ainsi que MIFID II
OKX a mis sur pied une plateforme dédiée à l’Europe pour respecter parfaitement la législation Européenne

La difficile réalité du règlement MiCA

Première licence MiCA obtenue en janvier 2025. Plus d’un an d’opération sous ce cadre. Qu’est-ce que ça donne vraiment, loin des communiqués de presse ? C’est là qu’Erald Ghoos est le plus précieux, et le plus direct.

« La grande friction, c’est que MiCA est harmonisée en principe, mais pas fluide en pratique. L’ESMA a reconnu que les États membres ont eu des périodes transitoires différentes, et les entreprises qui servent plusieurs pays peuvent se retrouver face à des décalages entre les régimes locaux et les droits de passeportage. Côté opérationnel, vous vous retrouvez à assembler MiCA, AML/CFT, DORA, des règles de paiement de type PSD2 et des règles de dérivés de type MiFID, et chaque catégorie de produit a son propre chemin d’approbation. La version publique, c’est « un cadre européen unique ». La version interne, c’est beaucoup de paperasse, de séquençage, de remédiation et de discipline produit par produit. »

Mais c’est sur la concurrence déloyale qu’il est le plus incisif, et le plus politique :

« Il est difficile de concurrencer des exchanges qui opèrent sans licence et en offshore. Si les régulateurs veulent protéger le marché et les consommateurs, ils doivent activement sanctionner les plateformes offshore non régulées, sinon ils manquent à leur mission principale. Si les régulateurs ne garantissent pas un terrain de jeu équitable, les marchés vont s’effondrer, les fonds vont continuer à quitter l’UE et les consommateurs vont perdre leurs économies. »

Un message qui résonne directement avec la deadline du 1er juillet 2026, date à laquelle les exchanges non licenciés devront théoriquement quitter le marché européen. « Théoriquement », car l’application effective reste une inconnue.

L’infrastructure OKX se construit pièce par pièce

Sur la question des briques manquantes, paiements en stablecoin, custody institutionnel, règlement on-chain, le bilan d’OKX Europe est concret. La plateforme détient désormais trois autorisations réglementaires clés en Europe : licence MiCA, entité sous licence MiFID II pour les dérivés (mars 2025), et licence d’établissement de paiement pour les stablecoins.

À cela s’ajoute le partenariat de custody institutionnel avec Standard Chartered, étendu à l’ensemble de l’EEE, un signal fort pour les clients institutionnels qui cherchent un dépositaire bancaire de premier rang pour leurs actifs numériques.

Ghoos résume l’ambition ainsi :

« La réponse, c’est : beaucoup de choses ont bougé. Mais la vraie histoire, c’est que l’Europe commence à assembler une stack complète, pas seulement des produits isolés. Notre message clé pour 2026, c’est de construire l’infrastructure fondamentale nécessaire pour répondre aux vrais besoins financiers des utilisateurs retail et institutionnels. »

Conclusion

Quand on lui demande quel moment de Paris Blockchain Week restera gravé dans sa mémoire, Erald Ghoos répond sans hésiter : « L’obtention de notre licence MiCA. » Pas un panel, pas un networking, pas une annonce produit. La licence.

C’est peut-être la meilleure illustration de ce que MiCA a changé dans la façon dont les acteurs sérieux pensent leur métier en Europe : la conformité n’est plus un coût, mais un avantage compétitif, comme tente aujourd’hui de le démontrer OKX avec son écosystème régulé en Europe. Et pour 95 % des volumes encore offshore, le message est clair : le 1er juillet 2026 approche. L’Europe régulée arrive. Avec ou sans eux.

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À noter : les X-Perps sont des produits dérivés à effet de levier réservés à un public averti. L’effet de levier amplifie les gains comme les pertes, et un investissement peut entraîner la perte totale du capital engagé.

Erald Ghoos est PDG d’OKX Europe, où il pilote la croissance et l’expansion régionale de l’entreprise dans l’Espace économique européen. Sous sa direction, OKX a constitué le socle réglementaire le plus complet de tous les exchanges crypto mondiaux en Europe, en obtenant la première licence MiCA accordée à un exchange, une autorisation MiFID II pour les produits dérivés, ainsi qu’une licence d’établissement de paiement pour les paiements en stablecoins, le tout validé dans 30 pays de l’EEE. Sur ces bases réglementaires solides, OKX Europe a assemblé une gamme de produits hautement compétitive destinée aussi bien aux clients particuliers qu’institutionnels, positionnant l’exchange comme la nouvelle référence crypto en Europe.

Erald possède plus de 20 ans d’expérience dans la crypto, les paiements et la finance traditionnelle. Il a précédemment occupé des postes de direction chez Paysafe, Crypto.com et Binance, et a débuté sa carrière en pilotant les opérations de startups bancaires à travers l’Europe. Il intervient régulièrement lors des grands événements du secteur et compte parmi les principales voix sur les marchés d’actifs numériques régulés en Europe.

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