Un fondateur de plateforme NFT dilapide 10 millions de dollars en jeux et en DJing
08/06/2026Bien mal acquis ne profite jamais. Le proverbe s’applique presque trop bien au cas de Taj Tarsha. Le fondateur de la plateforme Few and Far, censée devenir un marché décentralisé de NFT sur la blockchain NEAR, a été inculpé le 5 août par le parquet fédéral de New York pour fraude sur titres et fraude électronique. Un nouvel épisode qui vient allonger la liste déjà longue des arnaques NFT découvertes après coup, une fois l’argent des investisseurs envolé.
- Le fondateur de Few and Far a été inculpé pour fraude après avoir levé 10 millions de dollars sur des promesses de rendements extraordinaires.
- Les fonds des investisseurs ont été détournés pour des dépenses personnelles, révélant une mascarade éloignée du développement d’un marché NFT.
Few and Far, ou comment lever 10 millions sur une promesse de 427 % de rendement
Dès février 2022, Tarsha commence à démarcher des investisseurs via des SAFT (Simple Agreement for Future Tokens), des contrats qui font payer aujourd’hui pour un jeton livré plus tard.
Le principe : financer le développement de la plateforme et du jeton FAR en échange de rendements annuels promis jusqu’à 427 %. Un chiffre qui aurait dû, à lui seul, allumer un signal d’alarme.
De fait, ces ventes lui permettent de récolter plus de 10 millions de dollars auprès d’au moins 67 investisseurs, pour 95 millions de jetons FAR qui, à l’époque, n’existaient tout simplement pas encore. Tarsha détenait la totalité du capital de Few and Far via une entité panaméenne, seul maître à bord d’une société qui comptait pourtant deux autres cofondateurs.
L’argent des investisseurs a fini au casino, sur des cryptos spéculatives et dans un condo à Miami
Selon l’acte d’accusation du parquet fédéral, Tarsha a détourné les fonds presque immédiatement. Il s’accorde d’abord un salaire annuel de 360 000 dollars, maintenu même quand il reconnaît lui-même que l’entreprise génère un chiffre d’affaires « quasiment nul ».
Les fonds partent ensuite dans des paris sur un casino en ligne, dans l’achat de cryptomonnaies spéculatives pour son propre compte, dans près d’un million de dollars planqués sous forme de deux bonus dissimulés aux investisseurs et à un cofondateur, dans un prêt de près d’un million pris sur la trésorerie pour financer un condominium de luxe à Miami, dans des travaux de décoration d’intérieur, et jusque dans le financement de son hobby de DJ. Difficile de faire plus éloigné du développement d’un marché NFT sur la blockchain NEAR.
Un audit qui met tout à jour, puis une fuite en avant jusqu’en 2024
En juin 2023, un audit interne finit par mettre au jour le détournement. Plutôt que d’arrêter les frais, Tarsha aurait menti aux investisseurs en affirmant que les bonus étaient liés à des objectifs de prévente atteints et que l’argent servait toujours la mission de l’entreprise.
En réalité, il avait déjà licencié la quasi-totalité du personnel et chargé le seul prestataire restant de simuler une activité de développement qui n’existait plus. Il aura tenu la mascarade encore un an, continuant de puiser dans les fonds des investisseurs pour ses achats personnels. Quand le jeton FAR finit par sortir, en mai 2024, plus de deux ans après le lancement du projet, il ne vaut déjà plus rien. Sa cotation s’arrête peu après.
Deux chefs d’accusation, 20 ans de prison chacun, et un dossier loin d’être isolé
Tarsha, 34 ans, domicilié à Miami, avait été arrêté le 6 juin dernier ; l’inculpation formelle du 5 août porte deux chefs, fraude sur titres et fraude électronique, chacun passible d’un maximum de 20 ans de prison.
Le dossier est confié au juge fédéral Lewis A. Kaplan, et la présomption d’innocence reste évidemment de mise tant que la culpabilité n’a pas été établie devant un tribunal. Le secteur des NFT, déjà retombé de très haut depuis l’euphorie de 2021-2022, cumule ce genre d’affaires. Un fondateur de projet NFT accusé d’avoir détourné plusieurs millions de dollars faisait déjà les gros titres l’an dernier. À chaque fois, des promesses de rendement intenables, un contrôle total confié à une seule personne, et des investisseurs qui découvrent la vérité une fois l’argent disparu.
L’article Un fondateur de plateforme NFT dilapide 10 millions de dollars en jeux et en DJing est apparu en premier sur Journal du Coin.


