Scandale Zondacrypto : Comment Monaco est devenu la vitrine de la plateforme
10/28/2026Liaisons dangereuses. L’affaire Zondacrypto dépasse les frontières polonaises. À Monaco, la plateforme avait multiplié les partenariats sportifs et caritatifs, tandis que son dirigeant, Przemysław Kral, résidait dans la Principauté. Une enquête publiée le 21 octobre par Monaco Hebdo remet en lumière cet ancrage monégasque, entre opérations de communication, adresse utilisée dans des documents américains et enquête pour blanchiment.
- L’affaire Zondacrypto a révélé une vitrine monégasque brillante, alliant partenariats sportifs et caritatifs, avant de soulever des soupçons de blanchiment.
- Une enquête judiciaire à Monaco, couplée à des investigations en Pologne et en Estonie, a mis en lumière les flux financiers et l’adresse monégasque utilisée par le dirigeant de la plateforme.
Fondation princesse Charlène, sport et luxe : la vitrine monégasque de Zondacrypto
Avant l’effondrement de la plateforme, Zondacrypto s’était construit une présence visible à Monaco. Dès 2024, l’entreprise devient sponsor principal de Top Marques, le salon automobile de luxe. Elle associe ensuite son nom au football et au basket monégasques, notamment à travers des espaces d’hospitalité. Ces partenariats placent la marque au contact d’institutions reconnues et d’une clientèle internationale.
La Fondation princesse Charlène de Monaco confirme elle-même un partenariat dans une publication datée du 23 septembre 2024. Elle situe sa signature au 5 juin, pendant Top Marques, en présence du ministre d’État de l’époque, Pierre Dartout, et de son secrétaire général, Gareth Wittstock. À cette occasion, Zondacrypto lui offre un ether. La fondation met alors en avant l’éducation et les valeurs sportives communes aux deux organisations.
Une vente aux enchères caritative renforce ensuite cette proximité. Cependant, ces opérations ne constituent ni une garantie sur les réserves de la plateforme ni une validation de sa gestion financière. Selon Monaco Hebdo, la fondation s’est depuis désolidarisée de Zondacrypto. Les partenariats documentés ne démontrent pas une participation des organismes bénéficiaires aux infractions présumées.
Pour Robert Nogacki, avocat de plus de 200 victimes, cette exposition a surtout contribué à donner au dirigeant une image de respectabilité. Il résume son analyse auprès du journal : « Monaco n’était pas le marché de Zondacrypto, c’était sa vitrine ».

Une adresse à Monaco et des flux financiers à reconstituer
Le volet monégasque dépasse toutefois la communication. Toujours selon la presse monégasque, le parquet de la Principauté a ouvert, de sa propre initiative, une enquête pour blanchiment début mai 2026. En parallèle, la justice polonaise enquête sur les activités de la plateforme, tandis que l’Estonie accueille la procédure de faillite de son opérateur.
Robert Nogacki relève également l’utilisation d’une adresse monégasque dans le rapport annuel de BB Trade Florida Inc., déposé le 30 avril 2026. Selon l’avocat, le document porte le nom de Przemysław Kral et l’adresse de son appartement dans la Principauté. Or, Onet avait rapporté quelques jours auparavant que le dirigeant aurait quitté Monaco pour Israël. Ces éléments appellent des vérifications, sans établir à eux seuls une infraction.
Pendant ce temps, l’enquête polonaise continue. Le parquet a annoncé le 22 septembre des poursuites contre Artur K., notamment pour participation présumée à un groupe criminel organisé et blanchiment. Les investigations portent aussi sur la disparition du fondateur historique, Sylwester Suszek, en mars 2022.
Pour les clients privés de leurs fonds, l’enjeu monégasque concerne désormais la traçabilité de l’argent et l’identification d’actifs récupérables. L’affaire illustre aussi les limites du prestige comme critère de confiance : un partenariat sportif ou caritatif ne renseigne pas sur la solvabilité d’une plateforme.
L’article Scandale Zondacrypto : Comment Monaco est devenu la vitrine de la plateforme est apparu en premier sur Journal du Coin.

